Guadeloupe: Les sénateurs Jasmin et Lurel souhaitent inscrire le chlordecone dans la liste des produits phytopharmaceutiques ouvrant droit à indemnisation

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A  l’occasion de l’examen d’une proposition de loi portant sur la création d’un fonds d’indemnisation des produits phytopharmaceutiques au Sénat, les deux sénateurs socialistes guadeloupéens ont déposé des amendements pour que soient « symboliquement cités dans le champs des produits » le chlordécone et le paraquat. Ces produits organo-chlorés réputés comme cancérigènes, ont été massivement utilisés aux Antilles avant d’être  interdits.

« Les victimes dans cette affaire ne sont pas les industriels mais bien notre population empoisonnée, pour des siècles encore, sur l’autel du profit. Envoyons un signal fort à nos compatriotes victimes depuis trop longtemps d’une posture étatique presque dilatoire. Respectons leur souffrance, prenons nos responsabilités et votons ce texte », a déclaré Victorin Lurel sur le perchoir du Sénat ce 1er février avant le vote de cette proposition de loi. 

Une première étape a été franchie car le Sénat a modifié le texte adopté en commission, notamment pour  associer le ministre en charge des outre-mer à la définition de la liste des pathologies qui ouvrent droit à l’indemnisation, malgré un avis défavorable du Gouvernement. 

Lors d’une conférence de presse conjointe avec Hélène Vainqueur la veille, les parlementaires avaient émis pourtant une inquiétude sur  cette question de l’indemnisation des victimes du chlordécone aux Antilles.  « Il y a une réticence du gouvernement qui ne veut pas trop ouvrir le chapitre des maladies issues de l’utilisation de ces produits chimiques.Le lobby agro-alimentaire et agricole sont déjà vents debout contre. », précisait à la presse le sénateur guadeloupéen. « Mais lorsqu’on demande symboliquement que les deux produits soient cités dans le texte, la commission des finances refuse nos amendements (…), car cela serait « une aggravation des charges publiques », a souligné Victorin Lurel.

Le chlordécone a longtemps été utilisé dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe pour lutter contre les charançons, insectes ravageurs des bananiers. Très persistant et bioaccumulable, ce pesticide est interdit depuis 1993. Du fait de sa persistance, le chlordécone est encore présent dans les sols et peut se retrouver dans certaines denrées d’origine végétale ou animale, ainsi que dans les eaux de certains captages utilisés pour la production d’eau destinée à la consommation humaine. un rapport de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) datant du 15 décembre, indiquait jusqu’à 19% des enfants guadeloupéens situés dans les zones contaminées (communes avec plus de 30% des sols contaminés) et près de 7% des enfants martiniquais dans ces zones seraient surexposés à ce produit cancérogène.

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