Economie à La Réunion: La CPME Réunion opposée au transfert des indemnités journalières des arrêts maladies sur les entreprises

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La CPME ainsi que deux autres syndicats patronaux, Medef et U2P, ont fait part de leur ferme opposition au projet gouvernemental consistant à reporter sur les entreprises une partie des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux salariés en cas d’arrêts maladie. Un courrier commun adressé au Premier ministre appelle le gouvernement à ajourner cette mesure.

« Les missions de l’entreprise sont déjà nombreuses : l’Etat ne peut pas se décharger de ses missions de service public. Après la nouvelle casquette de gendarme (dénonciation des collaborateurs pour les infractions routières), prochainement celle de percepteur des impôts auprès de nos salariés, les entrepreneurs devraient désormais devenir une caisse intermédiaire de sécurité sociale en payant 4 jours d’arrêts maladie ! De plus, avec l’éventualité de cette mesure, cela indiquerait la fin de notre système de solidarité nationale de sécurité sociale », indique la CPME dans un communiqué.

La CPME Réunion se joint non seulement à cette requête mais s’étonne en plus des signaux négatifs envoyés aux entrepriseslocales ces derniers mois (suppression de l’APL accession, abattement fiscal DOM menacé, revue des aides économiques etc.),alors que les représentants du gouvernement affirment sans cesse vouloir renforcer la compétitivité des entreprises françaises.

Compétitivité des entreprises menacée

Paradoxalement, la compétitivité des entreprises réunionnaises est une nouvelle fois attaquée par un projet gouvernemental. Cette nouvelle mesure est inacceptable pour les entrepreneurs. Pourquoi ne pas s’attaquer aux vrais sujets de ces arrêts de travail ?
En aval, comme l’ont déjà fait des caisses régionales d’assurance maladie : assurer un rôle d’encadrement par les médecins conseils des caisses maladies, des médecins pour mettre en œuvre un référentiel d’arrêt maladie par pathologie, mettre en œuvre des agents facilitateurs entre la caisse, le médecin, le salarié pour faciliter le retour au travail, renforcer les contrôles des horaires de sortie.

En amont, les pouvoirs publics pourraient plutôt accompagner les entreprises dans la mise en œuvre de la QVT – Qualité de Vie au Travail, pour créer les meilleures conditions de travail et donc diminuer les risques d’arrêts de travail.

« L’Etat envisage de se décharger sur le dos des entrepreneurs. Nous ne pouvons l’accepter. Nous comprenons la nécessité de contenir les coûts liés aux arrêts maladie, mais cela ne relève pas de la responsabilité des chefs d’entreprise, mais bel et bien du rôle de l’Etat. J’ai le sentiment que le gouvernement démissionne de ses responsabilités en se déchargeant sur les entreprises, sans traiter le problème. Si l’on veut une économie française forte, audacieuse, agile et ouverte au monde, ce n’est pas le bon chemin à prendre. Je le répète : l’entreprise est la solution, pas le problème », déclare Dominique Vienne, Président de la CPME Réunion.

Le syndicat des entrepreneurs réunionnais s’inquiète de l’accumulation des charges au moment où les dispositifs de soutien à l’économie locale sont remis en cause. Reporter l’indemnisation des arrêts maladie sur les entreprises aurait un impact systémique
grave qui mérite d’être discuté avec les partenaires sociaux avant toute prise de décision.

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