Trafic de drogue en Guyane : L’aéroport de Cayenne enfin équipé d’un scanner corporel

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©Europarltv

Auditionné par la mission sénatoriale sur le trafic de stupéfiants en provenance de Guyane fin mai dernier, le Préfet de Guyane a annoncé la mise en oeuvre du scanner à ondes millimétriques, à compter du 16 juin prochain à l’aéroport Félix Eboué de Cayenne.

Avec sa proximité avec les principaux producteurs de cocaïne comme la Colombie, la Guyane est devenue en cinq ans la porte d’entrée principale de la cocaïne à destination de l’Hexagone et par extension de l’Union européenne, par la voie aérienne et les aéroports de Cayenne et d’Orly. Face à la multiplication du nombre de mules, un scanner corporel, réclamé depuis 2015 par certains collectifs de lutte contre l’insécurité à l’instar de Trop Violans 973, vient d’être installé à l’aéroport Félix Eboué.

« La mise en place d’un appareil type « scanner corporel » à l’aéroport, pour contrôler de façon systématique tous les passagers, et détecter ainsi toutes les mules est vue comme une solution apte à tarir le flot », a ajouté le préfet devant les membres de la mission parlementaire. « Le Suriname a vu son trafic baisser très sensiblement par l’installation d’un scanner du même type. Nous souhaitons que la Guyane ne soit plus vue comme une plateforme de transit et que les trafiquants s’organisent autrement. Pour ce faire, nous devons réussir à ne pas être submergés par la massification du trafic ».

exemple d'un scanner corporel installé à l'aéroport de Sint Maarten ©SXM Airport

exemple d’un scanner corporel installé à l’aéroport de Sint Maarten ©SXM Airport

Un second scanner corporel viendra sera prochainement installé au cours du mois de juillet. En sus de ces deux scanners financés à hauteur de 400 000 euros, la lutte contre la drogue en guyane va s’étoffer de nouveaux outils.« Des équipements vidéos visant à faciliter le travail de l’OFAST sont par ailleurs en cours de déploiement. Ils visent à assurer la couverture complète de la zone protégée de l’aéroport, y compris le parking. On réfléchit également à la mise en oeuvre d’un équipement de type sur la route nationale qui conduit à l’aéroport afin d’enregistrer les plaques des véhicules », a ajouté Marc Del Grande.

Une capacité des passeurs à s’adapter

Lors de cette audition, le Préfet a aussi dressé un profil des mules mais a souligné également la capacité d’adaptation des trafiquants.« Les mules, bien que parfois surinamaises, sont principalement guyanaises. Au début, c’était principalement des jeunes en provenance de l’Ouest guyanais, mais lorsque les forces de l’ordre se sont mises à cibler des jeunes hommes venant de Saint-Laurent-du-Maroni, les trafiquants ont commencé à faire appel à de jeunes mamans avec des enfants, puis à des personnes plus âgées. Juste avant le début du confinement, nous observions une nouvelle tendance : les trafiquants recrutaient plutôt des jeunes issus de quartiers sensibles de l’Hexagone qui venaient en Guyane et transportaient de la drogue lors de leur trajet de retour ».

Toutefois, l’ingéniosité des passeurs ne s’arrête pas pour faire acheminer de plus en plus de marchandises. « Les trafiquants poursuivent une stratégie de saturation des forces de l’ordre : ils sacrifient certaines mules qui se font prendre, et, pendant que celles-ci occupent les forces de l’ordre, toutes les autres mules parviennent à passer », a précisé Marc del Grande.

Quelques faits sur le trafic de drogue en Guyane

– En 2019, 1 071 kg de cocaïne ont été saisis par la douane en 2019 sur 337 passeurs. Pour l’année 2020, la douane a déjà saisi 236 kg et interpellé 71 passeurs.

– 7000 est le nombre de passeurs qui transitent entre les aéroports de Cayenne et Orly par an, à raison de 20 à 30 passeurs par vol

– le kg de drogue achetée 5 000 € au Surinam est revendue 65 € le gramme aux consommateurs en Europe

– 20 % de la cocaïne consommée en France chaque année a transité par la Guyane selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies.

 

Focus sur la mission une mission d’information sur le trafic de stupéfiants en provenance de Guyane

Installée le 13 mai 2020, la mission d’information sur le trafic de stupéfiants en provenance de Guyane est à l’initiative du groupe LREM au Sénat. Elle est présidée par Olivier Cigolotti, sénateur de la Haute-Loire. Le rapporteur est le sénateur de la Guyane Antoine Karam.

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