Toussaint : Ces lieux de repos particuliers en Outre-mer

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Le 1er et 2 novembre, comme dans le reste du pays, les ultramarins sont nombreux à honorer la mémoire de leurs proches disparus. A cette occasion, Outremers 360 vous propose de découvrir ou redecouvrir quelques lieux de repos originaux par leur architecture ou leur histoire. 

Le Cimetière de Morne-à-l’Eau (Guadeloupe)

De séjour en Guadeloupe, difficile de ne pas marquer un arrêt au Cimetière de Morne-à-l’eau. Classé monument historique, ce cimetière s’illustre par ses nombreux caveaux couverts de damiers noirs et blancs. Plus de 2000 tombes s’étagent sur les flancs de cette colline située à l’entrée de la ville. L’origine de ce choix de couleurs reste encore inconnue « On peut y voir l’opposition du yin et du yang, de la vie et de la mort, interprète Guy Nouvier le président de l’Association pour la protection et la promotion du patrimoine de Morne-à-l’Eau., sinon encore, le blanc est symbole du deuil en Afrique, tandis que c’est le noir en Europe : on a l’alliance des deux ».

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Le cimetière des Indiens à Saint-François (Guadeloupe)

La Commune de Saint-François est dotée de deux cimetières. L’un est situé dans l’agglomération, le deuxième, dénommé encore aujourd’hui “Cimetière des Indiens“, se trouve à proximité de la plage des Raisins Clairs. Si le premier cimetière, qui accompagna la fondation du bourg au XVIIè siècle, fut destiné à l’époque aux maîtres et colons, puis aux noirs après l’abolition de l’esclavage, plusieurs explications sont avancées pour la présence du cimetière des Indiens. De 1854 à 1889, la main d’œuvre indienne arriva en Guadeloupe. Première hypothèse : pour l’Eglise catholique, ce sont des païens, ils n’ont donc pas droit à la terre des Chrétiens. De plus, pas question d’incinération comme le veut leur tradition. On leur attribua alors le lieu jadis réservé aux esclaves, près de la mer, à Raisins Clairs (des fouilles récentes attestent de la présence d’un cimetière d’esclaves). Autre explication, reprise par l’écrivain Ernest Pépin dans son ouvrage « Coulée d’Or », les Noirs s’opposèrent à la présence de défunts d’origine indienne aux côtés de leurs ancêtres, se plaignant des coutumes qu’ils pratiquaient à l’égard de leurs morts. Un grand propriétaire indien aurait alors offert un terrain à ses frères d’origine pour leur permettre de pratiquer leurs rites en toute quiétude.

Entrée du cimetière indien en Guadeloupe

Entrée du cimetière indien en Guadeloupe

Le Cimetière de la Lévee, dit « Le cimetière des Riches » (Martinique)

Le cimetière de la Levée est le plus ancien de Fort-de-France. A l’origine, le premier cimetière se trouve en centre ville, près de l’église. Mais l’interdiction intervenue en 1775 d’y enterrer des morts oblige les paroissiens à acheter un terrain près de l’hôpital militaire. On l’apellera le cimetière des riches. Il totalise désormais près de 900 caveaux. Parmis les plus remarquables, on peut retenir notamment pour la richesse de leur décoration, ceux des familles Aubéry, Rimbaud, Cadet, ceux de Marc François Godissard, de Jules Fanfan, d’André Aliker ou de Léona Gabriel. Ce cimetière possède également une partie réservée aux anciens combattants et gérée par leur propre association.

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Le cimetière royal des Pomare (Polynésie Française)

Situé à proximité immédiate de l’école Ahutoru d’Arue, ce site regroupe les dépouilles des rois Pomare I, Pomare II, Pomare III et de la reine Pomare IV, ainsi que de leurs descendants. Chaque tombe royale est repérée par deux simples pierres sacrées, dressées et posées à l’endroit de leur tête, orientée au soleil levant, ce qui permet au mana d’établir un lien entre la terre et le cosmos. A sa mort, la reine Pomare IV, reine de Tahiti, le 17 septembre 1877, a été inhumée dans ce tombeau de Arue. Mais dix ans plus tard, son corps sera exhumé et placé dans le cimetière royal des Pomare où se trouvaient déjà les corps des rois Pomare 1er , Pomare II, Pomare III.  Le roi Pomare V (dernier roi de Tahiti) qui meurt le 12 juin 1891 sera isolé du reste de sa famille. Sa sépulture sera placée dans un mausolée connu sous le nom de Tombeau du Roi, à la pointe Outuai’ai. Les murs de l’édifice sont entièrement constitués de blocs de coraux soudés entre eux par du ciment. Mais le plus surprenant, c’est que cette construction est surmontée d’une sorte d’amphore ou d’urne. Certains vont même jusqu’à dire qu’il s’agirait de la forme d’une bouteille de Bénédictine. On sait en effet que le roi appréciait particulièrement cette boisson qu’il considérait comme un nectar.

Le Tombeau du Roi Pomare V

Le Tombeau du Roi Pomare V

Le cimetière royal des Pomare © Tahiti-Heritage

Le cimetière royal des Pomare © Tahiti-Heritage

Le Cimetière de Cayenne (Guyane)

Situé à l’avenue d’Estrées, sur un terrain donné par « John Barton POWER », le cimetière devient communal en 1880, après la création des communes en Guyane en septembre 1879. Dans ce lieu reposent de nombreux personnalités ayant marqué l’Histoire de la Guyane comme Léon-Gontran Damas, cofondateur avec Aimé Césaire et Léopold Sedar Senghor du mouvement littéraire de la négritude, Charles Benjamin Ullmo ou Théophane Régina. Témoin également de la multicuralité de sa société, on retrouve aussi dans le cimetière de Cayenne des tombes en forme de pagode pour les guyanais d’origine chinoise, laotienne ou vietnamienne. Le cimetière compte aussi un carré militaire.

Le cimetière de Cayenne

Le cimetière de Cayenne

Une tombe en forme de pagode au Cimetière de Cayenne

Une tombe en forme de pagode au Cimetière de Cayenne

Le cimetière des Déportés à l’Île des Pins (Nouvelle Calédonie)

 A Ouro, proche des vestiges de l’ancien bagne, l’Ile des Pins abrite le Cimetière des Déportés. Au lendemain de la Commune, quand la Nouvelle Calédonie devint colonie pénitentiaire, des camps furent créés sur la Grande Terre, d’abord à l’Ile Nou, aujourd’hui Nouville, quartier inclus dans Nouméa, et à l’Ile des Pins où 5 villages furent créés entre 1872 et 1880 pour 3000 transportés qui ne purent pas tous regagner leurs provinces d’origine. 300 tombes furent donc aménagées au fil des années pour abriter les sépultures des communards, des condamnés de droit commun ou des déserteurs, séparées des tombes des gardiens et des responsables administratifs, regroupées dans la partie militaire du cimetière.. Les prisonniers l’appelaient la 6ème commune. On le visite aujourd’hui, reconnaissable à la pyramide de chaux blanche que les déportés ont eux-mêmes construite en hommage à leurs camarades.

Le Cimetière des Déportés © Province Sud

Le Cimetière des Déportés © Province Sud

 

 

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