Tollé d’indignations après les propos de Christine Angot dans l’émission «On n’est pas couché»

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© Capture France 2

Samedi 1er juin sur France 2, dans l’émission « On n’est pas couché », la chroniqueuse Christine Angot se livre à une comparaison entre la Shoah et l’esclavage, évoquant la concurrence des mémoires.

Christine Angot y a déclaré que ce n’était « pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes ». « Le but avec les Juifs pendant la guerre, cela a bien été de les exterminer, c’est-à-dire de les tuer, et ça introduit une différence fondamentale (…) avec l’esclavage des noirs (…) où c’était exactement le contraire. L’idée c’était au contraire qu’ils soient en pleine forme, qu’ils soient en bonne santé, pour pouvoir les vendre et qu’ils soient commercialisables ».

De nombreux élus ultramarins et associations se sont offusqués des propos de la romancière. «Madame Angot, l’idée de l’esclavage des noirs c’est plutôt que les esclaves étaient des biens meubles, que leur humanité a été niée, durant des générations», avait twitté lundi l’ancienne ministre des Outre-mer Ericka Bareigts, députée PS de La Réunion.

Dans un communiqué commun, le Conseil représentatif des Français d’Outre-mer, la Coordination des associations d’Outre-mer et le comité Marche du 23 mai 1998 (date d’une marche silencieuse de 40.000 personnes à Paris pour les victimes de l’esclavage) ont déploré des propos «absurdes» : «Il n’y a pas de hiérarchie dans la souffrance générée chez les victimes de crimes contre l’humanité et leurs descendants»;
Patrick Karam, ancien délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer et président d’honneur du Conseil Représentatif des Français d’Outre-mer (CREFOM) a condamné les propos de Christine Angot.

«Christine Angot insulte tous les descendants d’esclaves et, au-delà, tous ceux qui combattent la vaine hiérarchie des mémoires», ont renchéri les sénateurs PS de Martinique Catherine Conconne et Maurice Antiste en citant Aimé Césaire dans son cahier d’un retour au pays natal :

Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l’homme-famine, l’homme-insulte, l’homme-torture
on pouvait à n’importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer – parfaitement le tuer – sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d’excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

Sur les réseaux sociaux, anonymes et personnalités se sont indignés.La colère n’est pas retombée. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), a précisé avoir reçu plus de 900 saisines de téléspectateurs à propos de cette séquence diffusée samedi soir sur France 2. Dans son texte envoyé à l’AFP, Christine Angot affirme avoir « voulu rapprocher les deux crimes contre l’humanité que sont l’esclavage et la Shoah, tout en prenant soin de spécifier la différence fondamentale de méthode dans la déshumanisation, d’un côté exterminer les personnes, de l’autre leur retirer leur humanité pour en faire des objets de commerce qu’on achète et qu’on vend », a-t-elle assuré.
« L’expression en bonne santé était cependant absurde », a-t-elle reconnu, se disant « bien consciente que de nombreux esclaves ont été tués et que le propriétaire exerçait sur eux un droit de vie et de mort ».

Certaines associations réfléchissent à une manifestation pour montrer leur indignation et attendent des excuses de l’intéressée et de Laurent Ruquier. Dans un communiqué, Christine Angot a présenté ses excuses ce mardi. «Je regrette de ne pas avoir réussi à me faire comprendre dans l’émission du 1er juin et d’avoir blessé par mes propos. Mon intention était à l’opposé. J’ai voulu rapprocher les deux crimes contre l’humanité que sont l’esclavage et la Shoah, tout en prenant soin de spécifier la différence fondamentale de méthode dans la déshumanisation, d’un côté exterminer les personnes, de l’autre leur retirer leur humanité pour en faire des objets de commerce qu’on achète et qu’on vend», a-t-elle expliqué. Ce même jour, Laurent Ruquier a annoncé l’absence de la chroniqueuse dans l’émission « On n’est pas couché» à la rentrée prochaine.

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