Six mois après Irma, Saint-Martin se reconstruit lentement, avant une nouvelle saison cyclonique

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Dévastée il y a six mois par Irma, l’île de Saint-Martin se reconstruit lentement, mais les stigmates de l’ouragan le plus puissant jamais connu aux Antilles restent bien visibles, à quelques mois d’une nouvelle saison cyclonique.

Dans cette île franco-hollandaise qui comptait quelque 35 000 habitants côté français avant l’ouragan (plusieurs milliers sont partis depuis), 11 personnes ont été tuées et 95% des bâtiments ont été touchés dans la nuit du 5 au 6 septembre, par des vents à plus de 350 km/h et des submersions de plusieurs mètres. Alors que la ministre des Outre-mer Annick Girardin et celui de l’Action publique Gérald Darmanin se rendent dimanche et lundi sur place avec les secrétaires d’Etat Sébastien Lecornu et Julien Denormandie pour « un point d’étape », les nombreuses toitures arrachées recouvertes de bâches et les maisons endommagées témoignent encore de la puissance du cyclone.

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Beaucoup de voitures roulent désormais sans pare-chocs, la carrosserie abîmée ou le pare-brise remplacé par une bâche en plastique. Sur le bord des routes, épaves, tôles et déchets en tout genre ravivent l’image de dévastation. « Il est clair que lorsqu’on revient sur le territoire on voit encore beaucoup de bâches », admet le président de la collectivité Daniel Gibbs, estimant qu’il y en aura « jusqu’à la fin de l’année », date à laquelle tous espèrent voir le tourisme repartir, après une année blanche en raison des dégâts sur les infrastructures hôtelières. Mais « Saint-Martin retrouve un peu des couleurs. Le travail a repris », assure-t-il.

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La reconstruction a été freinée par le retard des assureurs pour les indemnisations, notamment en raison des difficultés pour les experts à se rendre dans l’île après Irma. Il a fallu aussi attendre une nouvelle « carte des aléas climatiques » pour redéfinir les zones à risques, puis de nouvelles règles d’urbanisme pour « reconstruire différemment », souligne Daniel Gibbs, sur un territoire qui ne disposait pas de plan d’urbanisme. « Il ne s’agit pas d’empêcher les gens de reconstruire, mais de sécuriser leur vie », insiste-t-il, faisant « une distinction entre le commercial (hôtels, restaurants, magasins) et l’habitation » : « Il aurait été aberrant de ne pas pouvoir construire d’hôtels au bord du littoral, c’est ce qu’attendent les touristes » dans les Caraïbes. En cas de mauvais temps, ce sont des « lieux faciles à évacuer », dit-il.

Impatience

« Le gros de la reconstruction commencera vraiment dans les semaines à venir », prévoit Philippe Gustin, délégué interministériel à la reconstruction, qui craint un secteur « en surchauffe ». « Il faut s’assurer qu’en termes de matériaux, tout arrive en temps et en heure et il faut aussi avoir les bras pour mener ces chantiers correctement ». L’impatience est palpable chez certains sinistrés sans abri depuis l’ouragan, à l’image des 27 familles toujours hébergées dans une école de Marigot. « C’est nous qui souffrons, qui vivons les uns sur les autres, on ne peut pas rester comme ça », dénonce Sylvane Joinvil, une mère de famille. « Nous sommes dans une recherche de solutions pour ces personnes », assure Daniel Gibbs. Mais il y a pénurie de logements sociaux, eux-mêmes ravagés par Irma.

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Le temps presse avec l’arrivée en juin de la nouvelle saison cyclonique, qui inquiète toute la population. « Je préfère mourir que vivre un autre ouragan comme Irma », témoigne Gaëtan Macaqui, un Guadeloupéen sinistré de 59 ans. En cas de nouveau cyclone, « fragilisés par Irma, nous aurions de grands dégâts », s’inquiète Daniel Gibbs. « Il faut sécuriser le maximum d’habitations, ce qui suppose de ne pas faire n’importe quoi », renchérit Philippe Gustin. « Il faut s’assurer de remettre le clos et le couvert, c’est-à-dire les toits et les fenêtres, pour qu’ils tiennent en cas de nouveau cyclone », mais aussi « identifier le maximum de sites où on pourra regrouper les gens en sécurité ».

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Autre priorité, la reconstruction ou la rénovation des bâtiments publics, comme l’hôpital, la préfecture ou les écoles, dont trois ne rouvriront pas, obligeant pour l’instant à des rotations de classes dans certains établissements. La participation de l’Etat dans ces investissements sera finalisée le 12 mars à Paris, lors d’un comité interministériel très attendu.

Avec AFP.

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