Santé: Après le chlordécone, l’Anses s’inquiète de l’impact sanitaire des pollens et moisissures dans l’air dans les départements d’Outre-mer

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Une étude récente de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a mis en évidence le manque cruel de données disponibles dans les départements d’Outre-mer pour évaluer l’impact sanitaire des pollens et moisissures de l’air ambiant sur la santé de la population générale.

Environ 12% des enfants des Antilles et à la Réunion présentent une prévalence de l’asthme. C’est une moyenne supérieure à celle observée en France hexagone (8,6%). Concernant les cas de rhino-conjonctivite, la comparaison est encore plus éloquente. A la Réunion dans une étude conduite en 2000, 27% des élèves de 5ème et 4ème ont été touchés par cette pathologie contre 16% en France hexagonale.Ces résultats ont été calculés à partir de données ponctuelles et très localisées. Par ailleurs, les prévalences des pathologies allergiques et respiratoires ne sont pas connues en Guyane et à Mayotte, constate l’Anses dans cette nouvelle étude.

« Aucun dispositif pérenne de mesures des pollens et des moisissures présents dans l’air ambiant n’est actuellement en place dans les DROM. L’absence de tests allergologiques spécifiques et fiables ne permet pas d’effectuer un diagnostic de l’état de sensibilisation de la population aux pollens et aux moisissures caractéristiques des DROM ». Conséquence, il est impossible, selon l’ANSES de dresser un inventaire précis des espèces présentes dans les DROM ou d’évaluer précisément l’exposition de la population à ces agents biologiques.

© Anses

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Liens entre conditions météorologiques et pollens ?

Quid également des facteurs qui interagissent avec les pollens et les moisissures en climat tropical? « L’influence des conditions météorologiques ou de la pollution atmosphérique sur la production des pollens, le développement des moisissures et leur dispersion dans l’air ambiant en Outre-mer est encore mal connue », souligne l’Anses. Pourtant, études conduites dans d’autres pays en zone tropicale (Trinité et Tobago, Australie, Inde, Mexique, Taiwan, Porto Rico) suggèrent que l’exposition à des pollens et moisissures seraient à l’origine de sensibilisation et d’une augmentation de certains indicateurs sanitaires (passages aux urgences pour asthme, consommation médicamenteuse, fonction pulmonaire).

Pour rappel, la Guadeloupe et la Martinique sont régulièrements sujettes à des vagues de brumes de sables venant du Sahara. Une pollution atmosphérique qui peut causer un risque pour la santé humaine, notamment sur les personnes vulnérables et souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires, asthmatiques).

Face à ce premier état des lieux, l’Anses a établi plusieurs recommandations à savoir mettre en place un dispositif de mesure des pollens et des moisissures présents dans l’air, conduire des actions de prévention et d’information de la population sur les pollens et les moisissures. L’Anses préconise d’améliorer les connaissances sur l’état de santé de la population potentiellement exposée aux pollens et moisissures présents dans l’air ambiant (mise en œuvre d’études épidémiologiques, développement de tests allergologiques spécifiques aux pollens et moisissures des DROM, mise en place d’un réseau de médecins sentinelles).

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