Réunionnais du Monde: Jonathan Ardouin, de La Réunion à Pékin

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Partenaire d’Outremers360, le site Réunionnais du Monde est allé à la rencontre de Jonathan Ardouin, originaire de la ville du Port à La Réunion. Entrepreneur de 32 ans, « il est propriétaire d’un bistrot français et d’un bar à cocktail à Beijing, tout en occupant le poste d’assistant directeur Food and Beverage à l’hôtel Rosewood Beijing », raconte le site Réunionnais du Monde. Jonathan Ardouin raconte sa découverte et sa conquête de l’empire du milieu.

Racontez-nous votre parcours.

Né au Port, j’ai grandi à Saint-Denis. Je suis parti après le bac pour faire une école hôtelière à Paris d’où je suis sorti diplômé d’un Bachelor en management hôtelier. J’ai toujours eu une attirance pour l’Asie. Alors après mes études en 2008, j’ai rejoint un ancien camarade de classe en Chine. C’est comme ça que tout a commencé.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au début ?

Le premier choc a été celui de la langue et de ne pas pouvoir lire quoi que ce soit. Tout devient un challenge lorsque vous découvrez l’empire du milieu : ouvrir un compte en banque, payer une facture, chercher du lait écrémé au supermarché… Tout étranger arrivant en Chine est aussi interpellé par la taille des rues et le nombre de personnes au mètre carré. Lors de mon enfance, ma référence en terme d’avenue était la rue de Paris à Saint-Denis. La plus petite des rues à Beijing fait deux fois deux voies. Les sept périphériques de la ville sont en deux fois six voies…

Comment s’est passé votre intégration en Chine ?

Les Chinois sont très ouverts à de nouvelles cultures et à de nouvelles rencontres… à condition de respecter le fait que vous êtes chez eux et que c’est à vous de vous adapter. Cela me paraît logique et normal de faire ainsi. Je connais énormément d’expats qui ont du mal avec le régime alimentaire en, le riz et le piment étant des fondements de leur cuisine. En tant que Réunionnais je ne me sens pas dépaysé, j’adore la cuisine chinoise !

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Tout en travaillant à l’hôtel Rosewood Beijing, je suis propriétaire du Café de la Poste (bistrot français à Beijing) – déjà distingué « Meilleur bar français » par The Beijinger – et d’un bar à cocktails japonais : Bottle, Boot and Cigar. Mais tout va très vite en Chine et il faut s’adapter en permanence. Par exemple, les lois sur le travail changent tous les ans. Les autorités testent, essayent et s’adaptent à la réalité du terrain. Le pays est passé de « pays en développement » à « pays développé » en 20 ans !

Quels sont vos projets ?

J’ai rejoint une entreprise après avoir été entrepreneur, car j’ai besoin d’acquérir une culture d’entreprise, savoir ce que c’est qu’une grosse boîte pour à terme créer quelque chose sereinement et avoir l’expérience de le faire grandir. Je pense qu’étant jeune, il faut aller où l’action se passe et voir du pays pour pouvoir un jour revenir à ses racines avec une bonne vision du monde dans lequel on vit. L’Europe n’est pas une option pour moi, empêtrée dans des crises sociales et économiques. Je pense que ma prochaine étape sera l’Asie du Sud (Singapour, Hong Kong), ou les Etats-Unis.

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Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

La Réunion étant une terre de mixité, je pense qu’il est plus simple pour nous de nous adapter à d’autres cultures. Et puis, nous sommes loin de tout et nous devons prendre l’avion à chaque voyage. Dans mon cas cela augmente l’envie de découverte.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Je ne suis pas quelqu’un de très matériel, les plus beaux souvenirs sont dans ma tête. En revanche, jamais je ne pourrai me passer d’un pot de massalé. J’ai aussi un pot de piment la pâte de ma tante et un disque dur plein de musique comme Ousanousava, Gramoun Lélé, etc. La Réunion me manque souvent : le bruit des vagues, le silence, voir les étoiles…

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Oui énormément. Nous sommes un groupe d’amis d’une dizaine de personnes. On s’est connu à l’école primaire et au collège. Bien que vivant à des milliers de kilomètres les uns des autres, on a un groupe sur Wechat (equivalent de Whatsapp). On communique tous les jours !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

De plus en plus de touristes chinois visitent la Réunion et en disent beaucoup de bien. Ils trouvent l’île calme, vierge et idyllique.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Pour être franc je n’ai pas vraiment d’opinion. Je pense juste que l’économie pour être boostée a besoin de gens pro-actifs. Après, dire cela depuis Pékin c’est facile : une ville immense où tout est ouvert en permanence (restaurants, postes et banques sont ouverts 7j/7 et 24h/24.

Qu’est-ce qui pourrait vous convaincre de revenir habiter à la Réunion ?

C’est la terre de mes ancêtres et de mes racines. Même après avoir beaucoup voyagé, ça reste l’endroit où je suis en paix. Je sais donc qu’à terme je reviendrai à la Réunion pour y travailler et prendre ma retraite.

Interview réalisé par Réunionnais du Monde

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