Réunionnais de la Creuse: De nouvelles auditions prévues par la Comission des Enfants de la Creuse

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© Pascal Coussy Les cinq membres de la Commission lors de sa présentation au Ministère des Outre-Mer : (de gauche à droite) : Gilles Gauvin, Prosper Eve, Michel Verneray, Wilfried Bertile, Philippe Vitale.

Une vingtaine d’anciens enfants réunionnais déplacés entre 1963 et 1982 dans desdépartements de métropole touchés par l’exode rural, ont été auditionnés vendredi 6 décembre à Paris par la commission nationale chargée d’enquêter sur cette migration forcée.

L’objectif de ces auditions, « c’est de leur donner la parole, connaître leurs difficultés, leurs attentes, leurs espoirs« , a expliqué le sociologue, Philippe Vitale, qui préside la commission. La commission a déja annoncé qu’elle poursuit les auditions. D’autres « ex-mineurs transplantés » seront entendus dimanche à Guéret (Creuse) par les cinq experts de la Commission d’information et de recherche historique sur la migration forcée des « Enfants de la Creuse ». Une première audition a déjà eu lieu en octobre à la Réunion. D’autres « ex-mineurs transplantés » seront entendus dimanche à Guéret (Creuse) par les cinq experts de la Commission d’information et de recherche historique sur la migration forcée des « Enfants de la Creuse ». Une première audition a déjà eu lieu en octobre à la Réunion.

A l’instar de Valérie Andanson, membre de la Fédération des Enfants Déracinés des départements et régions d’outre-mer, beaucoup souhaite faire la lumière sur ce passé douloureux. « Aujourd’hui je n’ai plus aucune racine », déplore cette femme de 53 ans transplantée en Creuse à 3 ans, avec ses 5 frères et soeurs, dans des familles séparées. « Je n’ai appris que j’avais des frères et soeurs qu’à 16 ans », dit-elle. Elle souhaite retrouver sa « véritable identité ». Jean-Luc Echiza, 58 ans,dit vouloir « de la reconnaissance pour ce qu’on a vécu », et « être indemnisé ». Arrivé à 10 ans dans l’Hérault et placé successivement dans plusieurs fermes, il dit « avoir été pris dans l’engrenage, sans comprendre », et s’être « fait une famille tout seul ». Il n’est retourné à la Réunion pour la première fois qu’à 30 ans, pour retrouver une mère déjà âgée et se découvrir « une demi-soeur».Parmi les principales demandes faites à la commission: obtenir des billets d’avion et des hébergements pour se rendre à La Réunion, avoir l’entier accès à leur dossier, obtenir un lieu mémoriel et la mise en place de cellules psychologiques.

La Commission doit rendre ses conclusions en février 2018. Elle a déjà recensé un total de 2.150 enfants concernés. Arrachés à leur île et leur famille, ces enfants n’ont parfois jamais remis les pieds à la Réunion, ont perdu tout contact avec leurs familles et ne connaissent pas leur histoire.

Avec AFP

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