Recherche : La Jamaïque veut exporter son savoir-faire nucléaire

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La Jamaïque a réussi la conversion du coeur d’uranium de son réacteur de recherche, en octobre dernier. Aujourd’hui, cette île de la Caraïbe envisage d’exporter sa technique dans la région.

L’agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a annoncé le 30 octobre dernier, que la Jamaïque avait achevé sa procédure d’appauvrissement de son uranium. Une opération qui permet à la Caraïbe de devenir une région sans uranium enrichi. Unique réacteur de recherche présent dans la Caraïbe, le Slowpoke a été utilisé durant une trentaine d’années par l’Université des West-Indies au sein de l’organisme de recherche The International Centre for Environmental and Nuclear Sciences (ICENS). D’une puissance de 20 KW, le SlowPoke a servi dans l’analyse d’activation à neutrons, qui a permis aux scientifiques de déterminer la composition chimique élémentaire de certaines matières. Ainsi, il a aidé dans des études relatives à l’environnement, la santé, l’agriculture ou encore l’exploration minière. Cette conversion en Jamaïque est donc une opération félicitée par l’organisation internationale car elle permet de minimiser les risques associés à l’utilisation civile de l’uranium fortement enrichi. La production d’uranium fortement enrichi (HEU, Highly Enriched Uranium en anglais), source de préoccupation pour l’AIEA, car cette matière peut être utilisée dans la confection d’armes nucléaires.

Pour autant, cette conversion ne signe pas la fin de l’utilisation du réacteur de recherche. Le réacteur a été converti dans un coeur d’uranium faibli pour leur permettre de continuer leur recherche sans compter sur l’uranium fortement enrichi. Sur le plan scientifique, la conversion de la matière avec de l’uranium faibli aurait pu laisser supposer une baisse de la productivité du réacteur de recherche, bien au contraire. Le Slowpoke voit sa capacité d’utilisation doubler, passant de 8 à 16 heures d’utilisation. “La capacité supplémentaire nous permettra d’étendre des travaux de recherche liés à la sécurité alimentaire, la sécurité alimentaire, l’eau et la qualité de l’air,” a dit Charles Grant, le Directeur général du Centre International de Sciences Environnementales et Nucléaires (ICENS). “Avec la capacité supplémentaire nous pourrons satisfaire les besoins de recherche d’autres pays” des Caraïbes, il a ajouté. Avec ce processus, la Jamaïque entend devenir, en terme de recherches nucléaires, une référence dans l’utilisation de techniques nucléaires dans la région en offrant notamment ses services de dosimétrie aux hôpitaux par exemple.

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