Polynésie : Onze ans après le crash d’Air Moorea, le procès débute à Tahiti

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Le Twin Otter d’Air Moorea s’est abimé en mer, le 9 août 2007, derrière le récif de la plage de Temae, quelques secondes après avoir décollé ©Nicolas Perez / AFP

Le procès de la petite compagnie aérienne Air Moorea débutera ce lundi 8 octobre à Papeete, jugée pour « omissions et négligences », 11 ans après le crash d’un de ses avions qui avait causé la mort de 20 personnes en Polynésie française.

Le 9 août 2007, un Twin Otter, qui assure en 7 minutes la liaison entre Moorea et Tahiti, s’abîme dans l’océan juste après le décollage, à environ un mille de l’aéroport de Moorea, derrière le récif de la plage de Temae. Le pilote et les 19 passagers meurent tous dans le crash. L’avion coule rapidement et quinze corps seulement sont retrouvés. Impuissants, les premiers témoins furent des pêcheurs arrivés très vite sur les lieux du crash. L’enquête avait conclu que l’accident était consécutif à la rupture d’un câble de gouverne, qui présentait « une usure importante ». A la suite de cet accident, le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) avait recommandé « de contrôler au plus vite les câbles en acier inoxydable » de tous les avions turbopropulseurs DHC-6 Twin Otter.

Un procès « hors normes »

La compagnie Air Moorea et sept personnes (des responsables d’Air Moorea, du service d’État de l’Aviation civile en Polynésie et du Groupement pour la sécurité de l’aviation civile) seront jugées pour homicides involontaires, jusqu’au 26 octobre. Ils sont soupçonnés d’avoir, « dans l’exercice de leurs fonctions respectives, commis des omissions et négligences ». La société anonyme Air Moorea encourt 225 000 euros d’amende, les autres prévenus des peines maximales de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Stèle érigée à Papeete en mémoire des victimes du crash d'Air Moorea ©Radio 1 Tahiti

Stèle érigée à Papeete en mémoire des victimes du crash d’Air Moorea ©Radio 1 Tahiti

A Papeete, ce procès est considéré comme « hors normes ». Il doit durer trois semaines, avec 137 parties civiles, dont 80 devraient être présentes (38 venant de l’Hexagone). Il est jugé « sensible » par le ministère de la Justice, qui a pris en charge le coût de transport des parties civiles, de leur lieu de résidence vers la Polynésie française. Le 6 septembre, la Cour d’appel a accordé des indemnités d’un montant compris entre 17 000 à 92 000 euros aux proches des victimes, en fonction de leurs liens de parenté. Des montants bien inférieurs à leurs demandes et jugés « choquants » par Nicolaz Fourreau, président de l’Association 9-8-7 (en référence à la date du crash, le 9/08/2007) de défense des familles de victimes du crash (987 étant aussi le code postal de la Polynésie).

Au moment du crash, le bi-moteur était exploité par Air Moorea depuis un an et avait passé une visite de contrôle le 18 juillet précédent. Le pilote, âgé de 53 ans, comptait 3 500 heures de vol. Depuis le crash, la compagnie a cessé ses activités.

Quelques jours après le crash, une cérémonie avait été organisée en mémoire aux victimes du crash d'Air Moorea ©Grégory Boissy / AFP

Quelques jours après le crash, une cérémonie avait été organisée en mémoire aux victimes du crash d’Air Moorea ©Grégory Boissy / AFP

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