Polynésie française: L’association hippique veut faciliter les paris

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Bonne ou mauvaise nouvelle ? Après six mois pour concrétiser le projet, l’association hippique de Polynésie française a acquis quatre ordinateurs afin de faciliter les paris.

Avant l’automatisation des paris en Polynésie française, « la procédure était relativement simple » explique Alain Santoni, membre de l’association hippique, au micro de radio Polynésie 1ère. « Il y avait des tickets complètement manuels, et une fois que les chevaux étaient arrivés, on comptait tous les tickets les uns après les autres. C’était une procédure longue car on mettait 20 à 30 minutes pour connaitre les tickets gagnants« , poursuit-il. Du côté des parieurs, le remboursement prenait du temps et «  le coût d’impression des tickets était relativement important« . Désormais, avec l’informatisation des paris, le parieur pourra obtenir son gain en moins de deux minutes. « Il faut aussi vivre avec son temps et passer à une informatisation, comme sur tous les hippodromes métropolitains« , conclut Alain Santoni. L’association prévoit une démonstration grandeur nature à l’hippodrome de la commune de Pirae ce samedi.

Les Polynésiens, comme leurs voisins du pacifique, sont particulièrement friands des jeux d'argent ©Franck Fife / AFP

Les Polynésiens, comme leurs voisins du Pacifique, sont particulièrement friands des jeux d’argent ©Franck Fife / AFP

Mais l’informatisation, qui rendra donc le pari plus facile et accessible, ne pose-t-elle pas un problème sociétal propre aux populations du Pacifique et plus particulièrement, aux Polynésiens ? En effet, il s’agit là de populations dont l’attrait des jeux d’argent est important. En Nouvelle-Calédonie, par exemple, on estime que 98% des personnes qui fréquentent le Bingo de Nouméa sont Kanak ou Wallisiennes. Si les bingos et autres casinos sont implantés dans la Province Sud, ils sont encore inexistants dans la Province Nord et aux Iles Loyauté. Car malgré l’importance des entrées fiscales que représentent les jeux d’argent, les religions, très influentes auprès des populations de ces territoires d’outre-mer, marquent une forte opposition culturelle et historique à l’implantation de casinos et autres jeux d’argent. En Polynésie française, l’ancien président du gouvernement Gaston Flosse avait mis beaucoup de temps à implanter la loterie nationale (loto). Il s’était notamment heurté à l’influence des églises qui redoutent les effets néfastes de ces jeux, un appauvrissement, pire encore, une perversion des populations locales, déjà pauvres ou en grande difficulté sociale. On dit que les paris engagés dans les établissements de jeu en Nouvelle-Calédonie équivaudraient à la totalité des prestations sociales servies dans la Collectivité.

Un casino aux îles Samoa. Le gouvernement polynésien réfléchi aussi à l'implantation d'un casino, mais les Eglises affichent une opposition farouche, culturelle et historique ©DR

Un casino aux îles Samoa. Le gouvernement polynésien réfléchi aussi à l’implantation d’un casino, mais les Eglises affichent une opposition farouche, culturelle et historique ©DR

Le gouvernement polynésien actuel, mené par Edouard Fritch, pense encore à l’implantation de casinos en Polynésie française. Tous les membres du gouvernement ainsi qu’une très forte délégation de chefs d’entreprises polynésiens étaient invités, en février dernier, par l’homme d’affaires et propriétaire d’Hôtels-Casinos aux Samoa, Frederick Grey. A Suva, les dirigeants de la Polynésie française ont pu visiter l’Hôtel-Casino de l’homme d’affaires, qui a récemment acquis plusieurs hôtels en Polynésie française. Sujet sensible : l’attrait fiscal, touristique et économique entre là encore en conflit avec la morale religieuse. On parle alors d’interdictions ou de réglementations fermes à destination de la population locale, mais on imagine mal les polynésiens accepter une interdiction d’accès dans un lieu implanté chez eux. Oscar Temaru, leader indépendantiste et ancien Président de la Polynésie française, s’était fermement opposé à l’implantation d’un casino sur le territoire, alors qu’il était aux commandes du Pays. Néanmoins, la Polynésie française compte de nombreuses salles de jeux clandestines, à l’arrière de boutiques du centre-ville de Papeete ou discrètement cachées dans les villas de particuliers fortunés.

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