Polynésie française: Bora Bora expérimente un nouveau procédé de dessalinisation de l’eau de mer par l’énergie solaire

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Produire quotidiennement 70 mètres cube d’eau potable à partir d’eau de mer, à un prix compétitif et sans aucune émission de CO2, c’est l’expérience que mène la Polynésienne des Eaux et une start-up française, Mascara Renewable Water sur cet atoll polynésien.

Depuis 5 mois, l’agence Polynésienne des Eaux teste une installation Osmosun développée par la start-up Mascara Renewable Water, rapporte le site Tahiti-infos. Installé à Bora Bora, ce dessalinisateur solaire permet de produire en moyenne 70mètres cubes d’eau douce par jour en minimisant le rejet de gaz à effets de serre. « Pour le dessalement de l’eau de mer, la technologie la plus adaptée est l’osmose inverse, où de l’eau salée est poussée à très forte pression à travers des membranes qui laissent passer l’eau mais pas le sel ou les impuretés. C’est plus efficace énergétiquement que la distillation, mais ça coûte tout de même très cher. Et en parallèle dans les énergies renouvelables, la production est gratuite, mais le stockage de l’énergie coûte très cher », confie Heimata Carle, l’ingénieur responsable du développement commercial de la Polynésienne des Eaux à Tahiti-Infos.

L’unité de dessalement OSMOSUN®80, basée à Bora Bora dans le Pacifique Sud, est exploitée par SUEZ pour alimenter le réseau d’eau douce local avec 80m3/jour. L’unité est alimentée en eau brute d’une salinité de 35g/l par un forage maritime réalisé dans un sous-sol coralien. L’unité produit, au fil du soleil, 80m3/jour en autonomie complète. © DR

L’unité de dessalement OSMOSUN®80, basée à Bora Bora dans le Pacifique Sud, est exploitée par SUEZ pour alimenter le réseau d’eau douce local avec 80m3/jour. L’unité est alimentée en eau brute d’une salinité de 35g/l par un forage maritime réalisé dans un sous-sol coralien. L’unité produit, au fil du soleil, 80m3/jour en autonomie complète. © DR

En effet, ce système de dessalement fonctionne sans électricité, contrairement aux « osmoseurs ancienne génération ». « Il n’y a pratiquement plus de coût d’électricité, qui représente 90 % des frais de fonctionnement d’un osmoseur connecté au réseau général. Sur l’installation de Bora Bora, même avec les amortissements, on est à 70 % d’économies depuis six mois » assure Heimata Carle.

Conséquence, le prix de l’eau est également réduit pour le consommateur. «Les systèmes conventionnels (pétrole et gaz) produisent une eau dont le prix oscille entre 2 et 6 le m3, en fonction du prix du carburant. Avec notre innovation, le coût se situe entre 1 et 2 € le m3 », souligne Marc Vergnet, l’inventeur de ce procédé et président de Mascara NT.

©Mascara NT

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Une idée qui pourrait faire des émules

Actuellement, on dénombre deux dessalinisateurs solaires écologiques opérationnels dans le monde:  l’un est situé  dans la ville verte de Masdar, à Abu Dhabi, le second à Bora Bora (Polynésie). Mais d’autres îles ont montré leur intérêt pour ce système dont la Martinique, les autres îles basses de la Polynésie, les îles Fidji, le Bangladesh. La société Mascara NT mise également sur une implantation de son innovation dans l’océan indien. Mascara Renewable Water et son partenaire Quadran ont lancé le premier projet de dessalement solaire de l’Océan Indien pour l’Assemblée Régionale de Rodrigues le 10 juillet dernier.

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