Parcoursup : La major polynésienne va adresser un courrier au Président de la République

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Alors que l’on pensait l’affaire close, la chaîne télévisée polynésienne TNTV révèle que la jeune major polynésienne, qui n’avait été acceptée dans aucun de ses choix de prédilection pour ses études supérieures, entend adresser un courrier au Président de la République. Son avocat, évoque l’article L612-3-1 du code de l’éducation. 

Malgré ses 20,32 de moyenne au baccalauréat, série Scientifique, Ranitea Gobrait n’avait reçu aucun retour positif de ses choix de prédilection. Le buzz qu’avait suscité cette affaire, ajouté aux nombreux cas de mécontentement autour du nouveau logiciel Parcoursup, avait poussé le Ministère de l’Enseignement supérieur et le Vice-rectorat à publier un communiqué pour préciser que la jeune bachelière avait « reçu et refusé plusieurs propositions d’admission, notamment dans des classes préparatoires aux grandes écoles qu’elle avait appelé de ses vœux, à Paris ». « Elle avait bien été acceptée à Montaigne et à Lavoisier, mais en économie, un second choix », précisent nos confrères de TNTV. « En MPSI, son choix prioritaire, elle n’avait été acceptée qu’à Janson de Sailly, qu’elle avait finalement refusé ».

« Janson de Sailly n’a pas un bon taux de réussite aux écoles préparatoires qu’elle envisage de présenter, notamment pour Polytechnique, puisque le taux de réussite est de 0,3%, pour une moyenne nationale de 2,17% si mes souvenirs sont exacts, donc Janson de Sailly n’est pas la meilleure école pour la spécialité qu’elle vise » a expliqué son avocat Me Philippe Neuffer. Pour intégrer Polytechnique, Ranitea Gobrait vise des classes préparatoires telles qu’Henry IV, Louis-Le-Grand ou Stanislas, « des lycées qui lui permettraient, selon sa famille, une préparation optimale au concours de Polytechnique ». « C’est une bête en maths, elle veut faire Polytechnique ou l’ENAC, et elle nous dit toujours : « si on m’accepte, je leur montrerai ce que je vaux » » a déclaré son père Fletters Gobrait, toujours au micro de TNTV.

Ranitea Gobrait entourée de son avocat (à gauche), son père (à droite) ainsi que deux de ses camarades  ©Mike Leyral / TNTV

Ranitea Gobrait entourée de son avocat (à gauche), son père (à droite) ainsi que deux de ses camarades ©Mike Leyral / TNTV

Pour faire entendre sa voix et obtenir gain de cause, Ranitea Gobrait et sa famille ont fait appel à l’avocat Philippe Neuffer, qui rédigera un courrier au Président de la République en s’appuyant sur l’article L612-3-1 du code de l’éducation. L’article en question, qui s’applique aux écoles choisies par Ranitea, cite : « les meilleurs élèves dans chaque série et spécialité de l’examen de chaque lycée bénéficient (…) d’un accès prioritaire à l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur public ». « Elle n’exclut pas d’étudier à l’étranger » si aucune place se libère, a également indiqué son avocat. Pour rappel, le logiciel Parcoursup ne prend pas en compte les notes du bac, ni celles du troisième trimestre, mais un « dossier » d’ensemble sur l’année. « Son année de césure à Shanghaï, entre la première et la terminale, a peut-être pénalisé son dossier », a précisé son père.

Mais au-delà du cas de Ranitea Gobrait, les chefs d’établissements de Polynésie craignent que leurs meilleurs élèves soient pénalisés par les 16000 kilomètres qui les séparent de la métropole, ajoute la chaîne TNTV. « Quels sont les critères pris en compte par les grandes écoles ? Dois-je recommander moi-même mes meilleurs élèves ? Est-ce le réseau qui doit fonctionner ? On n’a pas tous les éléments : ce sont des questions que je me pose » a déclaré le directeur du lycée Samuel Raapoto, Jean-Pierre Sartore-Devasse. Il souligne également l’arrivée tardive des réponses, jusqu’en septembre, qui défavorise les futurs étudiants polynésiens (et globalement ultramarins) ayant également pour impératif de s’installer dans l’Hexagone. « Compte tenu de la configuration du logiciel et de l’algorithme, je ne suis pas sûr que nous ayons les mêmes chances que les autres : je pense même que nous sommes pénalisés par le discriminant territorial » a conclu l’avocat Philippe Neuffer.

Interrogée ce jeudi matin sur Europe 1, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal est revenue sur les doutes qui ont entouré le logiciel Parcourus et a assuré que « 680 000 jeunes ont eu une proposition », faisant état de « trois en moyenne » par jeune bachelier. « Il y a ce matin 82 000 jeunes en attente de réponse, et puis on a 30 000 jeunes qui ont été pris en charge par les commissions rectorales et auxquels des solutions sont en train d’être proposées, et d’autres qui, parce qu’ils ont reçu les résultats des différents concours auxquels ils avaient appliqués, se sont aussi désinscrits de la plateforme ». 

S’exprimant sur le cas de Ranitea Gobrait, Frédérique Vidal évoque « un exemple typique du fait que les goûts et les choix des lycéens changent entre le moment où ils inscrivent leurs vœux et le moment où ils ont le bac ». « Cette jeune fille, mais d’autres, ont demandé, par exemple, des classes préparatoires à dominante économique mais, finalement, se rendent compte qu’ils préfèrent des classes préparatoires à dominante maths-physique. Donc, ils ne prennent pas les propositions qui leur sont faites et attendent d’autres propositions qui correspondent mieux à ce qu’ils souhaitent aujourd’hui », poursuit-elle. Ranitea Gobrait, qui vient d’obtenir un bac S, a bien eu comme choix de prédilection une classe préparatoire scientifique.  

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