« OPJ, Pacifique Sud » : 50 enquêtes criminelles en tournage en Nouvelle-Calédonie

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©Delphine Mayeur / FTV

La nouvelle série quotidienne de France Télévisions, »OPJ, Pacifique Sud », est en tournage en Nouvelle-Calédonie, au moment où la question de la visibilité des Outre-mer au sein de l’audiovisuel public se pose avec la fin annoncée de France Ô sur la TNT.

Sur les hauteurs de Nouméa, une vaste villa inoccupée avec vue imprenable sur le bleu irisé du lagon et le vert profond des montagnes abrite le principal décor de la série : le commissariat central de la police territoriale de Nouvelle-Calédonie. C’est dans ces murs que Clarissa, femme flic à la tête dure, interprétée par l’actrice d’origine réunionnaise Yaëlle Trulès, orchestre les enquêtes, à la tête d’une équipe d’OPJ (officiers de police judiciaire) dont deux sont natifs du Caillou : Kelly, jeune kanak fonceuse, et Gaspard, limier caldoche. Au fil des intrigues, s’entremêlent la vie privée cabossée des premiers rôles, les maux et les codes de vie de la société calédonienne ainsi que l’histoire complexe et tourmentée de l’archipel.

« On donne aux téléspectateurs la possibilité de connaître l’Outre-mer au travers d’histoires universelles que sont les enquêtes criminelles. Elles se déroulent dans des tribus kanak, des mines de nickel (principale ressource économique de l’archipel, ndlr), sur des grandes propriétés d’élevage et dans les milieux du rodéo », explique Stéphane Meunier, co-directeur de Terence Films, producteur de la série. Fidèle des Outre-mer, le quinquagénaire avait déjà produit et réalisé la série « Foudres » tournée sur le Caillou (2007-2011) puis les six saisons de la série « Cut » sur l’île de La Réunion.

« Je m’y sens bien et il y a en Outre-mer de plus en plus de jeunes qui ont une appétence pour l’audiovisuel. On doit leur donner les moyens d’être autonomes, d’apprendre sans être obligés de quitter leurs îles », confie celui qui réalisa en 1998 le documentaire à succès « Les yeux dans les Bleus ». Pour le tournage des 50 épisodes jusqu’à début juin, la production a recruté un maximum de personnel local, bien que la filière audiovisuelle calédonienne soit restreinte.

Acteurs locaux

« Marielle Karabeu qui joue l’enquêtrice kanak, Kelly, a été castée en décembre. Animatrice de petites émissions, elle est partie deux mois à Paris travailler avec un coach d’acteur », raconte Muriel Alorend, chargée des productions de Terence Films. Une quarantaine de techniciens calédoniens, quelque 72 actrices et acteurs, amateurs pour l’essentiel, et des dizaines de figurants ont été embarqués dans l’aventure, qui met chaque jour en boîte neuf séquences de deux minutes, confiées à deux réalisateurs : Matthieu Vollaire et François Bigrat.

Aidé par le Fonds de soutien à l’audiovisuel de Nouvelle-Calédonie, le tournage de la série devrait rapporter plus de 1,6 million d’euros à la collectivité, en rémunération de main d’œuvre, hébergement, billets d’avion, achats et location de matériel… Pour attirer les touristes, les autorités locales souhaitent que cette fiction « montre le pays dans toute sa diversité, mette en valeur les savoir-faire locaux et apporte une visibilité nouvelle à notre beau Caillou », a expliqué Martine Lagneau, vice-présidente de la province Sud, en charge de la culture.

Alors que France Télévisions a annoncé la suppression de France Ô de la TNT en 2020, il est prévu que la série policière soit diffusée au second semestre 2019 sur la chaîne dédiée aux Outre-mer, ainsi que sur toutes les 1ères ultra-marines puis sur TV5 Monde. Si une deuxième saison voit le jour, elle pourrait être programmée sur les autres chaînes du groupe (France 2, France 3, France 5). « France Ô ne sera plus sur l’hertzien mais sera diffusé en numérique, qui est de toute façon l’avenir de la télévision », estime Stéphane Meunier, optimiste au regard du succès remporté auprès du public par ses précédentes séries aux couleurs des Outre-mer.

Dans un rapport rendu public mardi, des sénateurs ont au contraire recommandé le maintien sur la TNT de France Ô, estimant que sa suppression occasionnerait « une perte d’accessibilité de contenus dédiés aux Outre-mer », spécialement dans les territoires ultramarins, où l’accès au numérique reste limité.

Avec AFP.

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