Memona Hintermann : Pour sa dernière année au CSA, la Réunionnaise veut « concrétiser » son travail sur la diversité

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En entrant au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) en 2013, « pour un mandat de 6 ans non renouvelable », Memona Hintermann est devenue la première femme réunionnaise à occuper un poste à responsabilité dans une structure nationale de prestige. Au bout de 5 ans de mandat, Memona Hintermann fait le point, avec Outremers360, sur ses engagements au CSA et le paysage audiovisuel ultramarin, son rôle aux Assises des Outre-mer et adresse un message de « courage » à ceux qui, comme elle, partent dans la vie avec peu, pour arriver loin.

« Je suis arrivée là parce que je voulais faire en sorte à ce que les engagements, que mes institutrices m’avaient mis en tête, soient des engagements d’aujourd’hui », explique Memona Hintermann. « C’est-à-dire, croire en la liberté, l’honnêteté, et en croire aussi au fait que même des personnes qui n’ont pas eu dans leur berceau la culture classique, pouvaient sur la base de leur travail, leur mérite, arriver à être présent pour occuper des postes, remplir des fonctions qu’on avait pas pensé pour eux ». « Je n’avais aucune chance au départ d’être à cette place. Je suis l’une des sept membres du CSA avec des responsabilités considérables. Ce n’est pas un but en soi d’arriver là, mais c’est une vraie gageure et j’espère que ça donnera du courage à d’autres qui, comme moi, sont partis avec un bagage très léger ». « Crois en toi », lance Memona Hintermann, « tu ne seras pas déçu ».

Memona Hintermann a été nommée au CSA en 2013, devenant ainsi la première femme réunionnaise à accéder à un poste de responsabilité dans cette structure qui veille au grain sur le paysage audiovisuel français. « J’en suis à ma 5ème année et j’entame ma dernière année avec l’idée de concrétiser ce que j’ai essayé de mettre en route jusqu’à présent, sachant que le temps devant moi devra permettre à une étude sur les stéréotypes d’aboutir », confie-t-elle. « J’ai beaucoup travaillé sur les questions de diversité de la société française, c’est-à-dire, la question de nos origines pour que nos écrans reflètent cette gamme humaine de couleurs et de parcours ». Memona Hintermann s’intéresse aussi à la question de la diversité sociale : « On voit majoritairement dans les programmes télévisuels les CSP+ mais on ne voit pas les gens qui sont au chômage, les personnes âgées et les jeunes, ce qui pose problème ».

Si ses missions ne sont pas spécifiques aux Outre-mer, Memona Hintermann porte un regard sur l’audiovisuel ultramarin, et surtout réunionnais. « Je constate qu’à La Réunion, la chaîne qui fait le plus d’audience est une chaîne privée (…), alors que la chaîne du service public arrive à la moitié de l’audience », dit-elle. « L’audience n’est pas tout, mais c’est quand même un critère qui nous permet de savoir, dans un petit pays, pourquoi les gens regardent davantage cette télé plutôt que l’autre », poursuit Memona Hintermann. « Est-ce que les télévisions publiques nous rassemblent, Réunionnais que nous sommes, autour d’idées qui nous chères ? », s’interroge-t-elle. « Demain, lorsqu’il y aura une nouvelle loi sur l’audiovisuel, il faudra revoir le rôle plus particulier de l’audiovisuel ultramarin. (…) Il ne s’agit pas juste de diffuser des télénovelas l’après-midi, il s’agit de faire en sorte que tout le monde s’y retrouve ». Pour Memona Hintermann, la santé, et plus particulièrement l’alimentation, sont des pistes à explorer pour l’audiovisuel ultramarin. « Il faut éclairer » le téléspectateur.

Dans cette interview, Memona Hintermann revient également sur sa dernière nomination dans l’équipe projet des Assises des Outre-mer, et se dit « très désireuse, cette fois-ci, de faire en sorte que ce soit utile ». Utile en faisant en sorte « à ce que des projets très concrets aboutissent ». « Si on arrive à assembler tous les critères qui permettent de conduire un projet à son terme, on pourra arriver à innover », assure-t-elle. Bien consciente des critiques qui entourent ces Assises, Memona Hintermann répond avec son âme de créole réunionnaise. « Si on ne met pas un pied devant l’autre, ça ne va jamais marcher (…). Si ensemble on arrive à prouver que peut être un ou deux projets arrivent à fonctionner, alors on aura fait un beau tir ». « Avance à zot ! Bouge à zot ! », lance Memona Hintermann en concluant, « celui qui ne tente pas sa chance meurt ».

L’interview intégrale ci-dessous

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