Mayotte: Union des Mahorais contre la violence, désunion des élus sur la sécurité

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© Mayotte News

On estime à 10 000 personnes le nombre de participants à l’opération « Mayotte Île Morte pour protester contre l’insécurité croissante sur le territoire. Cependant, cette journée a aussi vu naître des tensions entre le préfet et certains élus mahorais.

Lancé samedi sur les réseaux sociaux après l’agression mortelle d’un métropolitain , l’opération « Mayotte Île Morte » a remporté un vif succès. Plusieurs milliers de manifestants ont marqué leur union pour dénoncer la violence et l’insécurité qui gangrènent le département. Ce mardi matin, les Mahorais  qui se sont rassemblés dans le chef lieu Mamoudzou, ont d’abord entamé une marche dans les rues de la ville avant de se diriger vers la préfecture et le conseil départemental. « Mayotte en sous- France », « stop à la violence » ou encore « plus jamais ça » sont les différents messages que l’on pouvait lire sur les pancartes dans le défilé. Les participants ont ensuite entonné la Marseillaise et quelques prières.Malgré cette opération, certains services comme la banque, la Poste, les petits commerces et le marché central de Mamoudzou sont restés ouverts. Les écoles ont également accueilli les élèves à Mamoudzou pour observer une minute de silence et organiser des échanges sur la violence.

Mais cette journée a été marquée par des tensions, cette fois au sein de la classe politique. Parallèlement à « Mayotte Île Morte », le préfet Seymour a organisé seconde réunion exceptionnelle en présence du procureur et de certains élus. Mais cette rencontre destinée à trouver des solutions sur l’insécurité  s’est soldée par un double échec. Un premier échec caractérisé par un clash opposant les élus au préfet et au procureur, rapporte le Journal de Mayotte. Le procureur avait reproché aux élus municipaux leur manque d’assiduité aux réunions avec la préfecture et les autorités judiciaires. Alors qu’ils doivent faire face à des dépenses supplémentaires, le département et les communes ont demandé au représentant de l’Etat à ce que le flux soit contenu. Des élus ont même estimé que l’Etat « ne faisait rien ». Le ton est vite monté entre les deux parties sur le sujet de l’immigration clandestine. Les édiles ont même quitté la salle des discussions. En fin d’après-midi, les élus ont décidé de rédiger une motion adressée au Premier Ministre Manuel Valls. Ils réclament entre « l’instauration d’un dialogue et d’un partenariat respectueux, responsable et constructif avec les services de l’Etat » pour « surmonter cette épreuve ». Seule annonce du Préfet à l’issue de cette réunion exceptionnelle, un effort supplémentaire de militaires a été consenti par Paris. »Sur le plan sécuritaire, nous aurons un escadron supplémentaire jusqu’à mi-mai », a indiqué le préfet.Il y aura donc 65 militaires en plus jusqu’à mi-mai. Les 16 gendarmes mobiles prêtés par La Réunion, y repartent la semaine prochaine d’après le Journal de Mayotte.

 

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