Mayotte : Les « Mamas vigilantes », nouvelles sentinelles de la sécurité

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©Journal de Mayotte

Face aux problèmes d’insécurité qui gangrènent l’île de Mayotte, la ville de Chiconi peut compter sur ses anciennes, les mamas, qui feront désormais, officiellement, régner l’ordre avec l’appui de la Mairie et du COSEM qui réunit les forces institutionnelles et privées de la ville de Chiconi.

Tout commence grâce à Assani Zalifa et à l’association des parents d’élèves qu’elle mène. Ensemble, ils avaient entrepris une campagne d’éviction de la prostitution et firent fermer un débit d’alcool où se rendaient des mineurs. Mais la volonté d’Assani Zalifa à faire régner l’ordre et la paix à Chiconi ne s’est pas arrêtée là puisque dorénavant, c’est aidée par la Mairie et le COSEM qu’elle et sa bande de mamas vont prendre le problème de la délinquance et de l’insécurité à bras le corps. En tout, une vingtaine de mamas ont répondu présentes à l’appel. Elles mèneront des patrouilles de 7h à 17h dans le village, « autour et dans les 4 écoles primaires, et au collège de Chiconi », théâtre de nouvelles agressions cette semaine. « Nous voulons donner une autre image de notre village ». Une initiative venue de la base selon Assani Zalifa, « ce ne sont pas des « intellectuelles », mais elles ne voulaient pas rester passives, et ont commencé par se rendre dans les écoles primaires où les petits délinquants commencent à se faire connaître », confie-t-elle au Journal de Mayotte. La convention signée ce samedi entre la Mairie, le COSEM et les Mamas vigilantes n’est donc qu’une officialisation de ce qui se faisait déjà.

Pour les Mamas vigilantes, l’origine des problèmes d’insécurité et de délinquance prend sa source dans l’éducation, « ce sont les fondations d’un pays, et sans fondations, la maison ne peut pas tenir ». Assani Zalifa lance également un appel aux père, « où sont les papas vigilants ? ». Même constat du côté d’Elhad Chakrina, avocat du COSEM, « le papa polygame qui ne s’occupe pas des enfants, et la maman qui n’arrive plus à gérer seule des ados turbulents sans oser donner fessée ou gifle de peur de se retrouver au tribunal ». Pendant les patrouilles quotidiennes, les Mamas vigilantes auront accès à l’enceinte du collège de Chiconi, un précision apportée par le Principal de l’établissement, lui même satisfait de l’initiative. Et les Mamas vigilantes veulent aller plus loin en mobilisant les mamas du village de Sohoa dont les enfants sont aussi scolarisés à Chiconi, « il faut mobiliser là-bas pour traiter la problématique dans sa globalité », assure Assani Zalifa. Elhad Chakrina de conclure, « au fond, on ne fait que redonner l’éducation aux villageois comme cela se faisait dans la société traditionnelle ».

Assani Zalifa, tête de fil des Mamas vigilantes de Chiconi ©Journal de Mayotte

Assani Zalifa, tête de fil des Mamas vigilantes de Chiconi ©Journal de Mayotte

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