Mayotte: 172 millions d’euros pour le centre hospitalier

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Agnès Buzyn lors de sa visite à Mayotte début octobre ©Twitter Agnès Buzyn

Le gouvernement a débloqué 172 millions d’euros pour le centre hospitalier de Mayotte, notamment pour la création de lits supplémentaires et de nouveaux blocs de chirurgie, a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi la ministre de la Santé à l’Assemblée.

Le centre hospitalier de Mayotte fait l’objet d’un mouvement de grève depuis quelques jours, à l’appel d’une intersyndicale (FO, CFDT, CGT, CFE-CGC, Sud-santé) pour réclamer notamment « plus de moyens humains et matériels pour une prise en charge digne des patients », a indiqué Anli Rigotard, porte-parole de l’intersyndicale. En commission, le député LR de Mayotte Mansour Kamardine avait interpellé la ministre « sur la situation catastrophique » du centre hospitalier, rappelant notamment que Mayotte comptait « trois fois moins de médecins par habitant que la moyenne nationale », « 25 fois moins de médecins libéraux », et « un seul centre hospitalier pour 230.000 habitants ».

Agnès Buzyn a annoncé « une phase 1 de 70 millions d’euros, qui va permettre une hausse du capacitaire de 60% », soit « plus de 150 lits en plus dans le centre hospitalier de Mayotte, et une création de 10 salles de blocs opératoires ». « Cette phase 1 doit commencer », a-t-elle assuré. « La phase 2, c’est 102 millions d’euros » pour « un pôle mère-enfants renforcé, puisqu’on sait que Mayotte est un territoire qui comprend énormément de naissances », a souligné la ministre, qui s’est rendue dans l’île début octobre. La Ministre de la Santé a aussi annoncé le lancement d’une mission de l’Inspection générale des affaires sociale (Igas), qui rendra ses conclusions en janvier « pour évaluer la situation financière » du centre hospitalier.

« Je me réjouis de cette décision de modernisation et d’agrandissement des capacités d’accueil du CHM de 60% », a salué dans un communiqué le député Kamardine, qui va demander à l’Igas « une feuille de route pour l’application pleine et entière du Code de la santé et du Code de la Sécurité sociale à Mayotte ». De son côté, l’intersyndicale n’est pas satisfaite des annonces de la ministre. Elle estime qu’il faut aussi débloquer des « moyens d’urgence » et réclame « une reconnaissance de la suractivité » du CHM, qu’elle évalue à 140%, et une équité salariale du personnel hospitalier par rapport au personnel de La Réunion, a expliqué le porte-parole. Selon l’Agence régionale de santé, le coût annuel des dépenses de santé par habitant à Mayotte s’élève actuellement à 900 euros contre 3.000 euros à La Réunion et 3.300 euros dans l’Hexagone.

Avec AFP.

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