Le Martiniquais Thierry Dol à la recherche de la vérité, va porter plainte contre l’Etat et Areva

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L’ancien otage martiniquais Thierry Dol, détenu dans le désert par Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) veut faire la lumière sur les conditions de son enlèvement et de sa libération. Il a décidé de porter plainte contre son employeur Areva et l’Etat pour  « mise en danger de la vie d’autrui » et  « non-assistance à personne en danger ».

Thierry Dol veut désormais se reconstruire. Deux ans après sa libération, l’ingénieur martiniquais âgé de 34 ans  s’est confié dans une interview au Parisien. Il revient sur les conditions de son enlèvement, de ses trois ans de captivité ainsi que du jour de sa libération avec ses trois autres compagnons d’infortune. Des moments fortement gravés dans la mémoire de celui qui a été détenu pendant 1139 jours par les rebelles touaregs. « Le seul moyen de ne pas sombrer, c’était de rester concentré sur l’instant présent. J’avais déjà des capacités d’hypermnésie, mais elles se sont développées. Dans les mois suivant ma libération, j’étais encore capable de décrire en détail ce qui s’était passé le 456e ou le 732e jour. Chaque voix, chaque bruit, chaque mouvement que je percevais était un événement qui accaparait toute mon attention », livre Thierry Dol. Mais aujourd’hui, l’ancien otage révèle de nombreuses parts d’ombre dans cet évènement qu’il a vécu et se pose de nombreuses questions. « Les derniers jours, la menace était telle que j’étais persuadé qu’Areva allait nous évacuer. Au moment de notre enlèvement, des investisseurs chinois étaient présents. Leur sécurité a-t-elle primé sur la nôtre ? Je veux que toute la lumière soit faite(…)Aujourd’hui, j’ignore encore s’il y a eu rançon, si oui combien, les intermédiaires éventuels, les autres contreparties… J’ai besoin de savoir. C’est l’un des objectifs de la procédure que j’intente aujourd’hui », poursuit-il.

Vidéo de l’arrivée de Thierry Dol en Martinique, après sa libération

Face à ces interrogations, Thierry Dol assigne donc en justice l’Etat et Areva. Il est convaincu que son employeur pouvait faire davantage dans la mise en oeuvre de leur sécurité. « Une note de l’entreprise, reçue à l’été 2010, nous incitait à davantage de prudence, preuve que la société n’ignorait pas ces risques. Mais le document se contentait de prodiguer des conseils, comme le fait de modifier nos trajets. Cette crainte pour notre sécurité m’a en partie poussé a demandé ma mutation, que j’ai obtenue en août, soit un mois avant l’enlèvement », témoigne-t-il. Un besoin nécéssaire de faire la lumière pour ce martiniquais, qui aspire désormais à une nouvelle vie.  « Je ne veux plus être l’otage de personne. J’ai tout perdu. Je veux juste avoir le droit de me reconstruire. »

 

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