La Polynésie française face au déficit migratoire

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L’Outre-mer d’un extrême à un autre. Alors que le nombre d’immigrés et d’expulsion d’étrangers comoriens augmente à Mayotte, la Polynésie française fait face, depuis 2007, à un déficit migratoire.

Entre 2007 et 2012 en Polynésie française, le solde migratoire est resté négatif, avec en moyenne 1550 personnes en moins par an. Selon l’Institut de la Statistique de Polynésie française (ISPF), la tendance perdure jusqu’à aujourd’hui. Il s’agirait surtout de jeunes actifs ou diplômés qui quittent la Polynésie française pour, de plus en plus, ne plus y revenir. On y observe donc une fuite des cerveaux, des « forces vives et des compétences » dans une Polynésie qui doit encore sortir d’une crise économique et sociale durable. Toujours selon l’ISPF, la Polynésie française est encore en transition démographique. Sur l’ensemble de l’année 2015, on observe une augmentation de la population de 1030 personnes, soit +0,4% « une croissance plus faible que les années précédentes » souligne l’Institut. Cette faible croissance s’explique, à la fois, par un taux de natalité en baisse et un déficit migratoire. En d’autres termes, on observe en Polynésie française plus de départs que d’arrivées.

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Le déficit migratoire est une tendance qui peut s’observer dans de nombreux Etats et territoires insulaires du Pacifique. De nombreux jeunes quittent leurs archipels pour la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, notamment pour les populations anglophones du Pacifique, tandis que les Collectivités d’outre-mer du Pacifique voient leurs jeunes partir, généralement, vers l’Hexagone. Pour exemple, la communauté wallisienne et futunienne est bien plus importante hors de l’archipel, en Nouvelle-Calédonie par exemple, que sur l’archipel. En Polynésie française, ce déficit migratoire peut s’expliquer par la crise politique, économique et sociale qui s’est installée au début des années 2000. Depuis, le taux de chômage des jeunes reste dramatiquement élevé (50%) et les opportunités d’emploi restent restreintes. De nombreux jeunes se heurtent également « au piston », une pratique fortement contestée mais qui perdure.

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