La disparition d’Edouard De Lépine : Une grande figure de l’histoire politique de la Martinique

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© Oliwon Lakarayib Twitter

Les réactions et les témoignages continuent d’affluer après la disparition d’Edouard De LÉpine considéré comme une des dernières grandes figures de l’histoire politique de la Martinique décédé au Robert à l’âge de 88 ans. Cet humaniste et passionné d’histoire laisse toutefois une œuvre historique considérable qui devrait permettre aux générations futures de comprendre notamment la complexité de l’histoire de la Martinique.Hommage.

« Une lourde perte pour la Martinique », c’est ainsi résumée la réaction de Serge Letchimy, le président du Parti Progressiste Martiniquais (PPM), très affecté par la disparition d’Edouard De Lépine, son compagnon de route, un des référents du parti. Le député martiniquais a aussi salué la mémoire de cette grande figure de l’histoire politique de la Martinique en assurant qu’il a été « un témoin, mais aussi un acteur de l’histoire martiniquaise ».

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Un sentiment partagé par la quasi totalité de la classe politique martiniquaise. De Bruno-Nestor Azérot, maire de Sainte-Marie et tout récent président de Cap Nord pour qui Edouard De Lépine a été un « émancipateur social » à Marie-Hélène Léotin, membre de la majorité de la collectivité territoriale de Martinique (CTM) qui estime que « les travaux d’Edouard De Lépine sont autant de jalons dans la construction de notre histoire » en passant par la sénatrice Catherine Conconne, tout juste démissionnaire du PPM qui parle « d’une page douloureuse qui se tourne », mais compte sur « les belles pages léguées » pour contribuer à répondre aux attentes notamment mémorielles des martiniquais.

Une carrière politique très dense

Né en 1932 à Fort-de-France, Edouard De Lépine était professeur d’histoire et de géographie d’abord au lycée Schoelcher, puis à l’ex Université des Antilles-Guyane (UAG). Très jeune, lors de ses études dans l’Hexagone, en 1945, il rejoint le Parti communiste français (PCF), puis à son retour au pays le Parti communiste martiniquais (PCM). Il y restera jusqu’en 1971, date à laquelle il en est exclu à cause de ses idées indépendantistes. En 1972, il fonde avec notamment un autre historien martiniquais Gilbert Pago, le Groupe Révolution Socialiste (GRS), une section locale de la 4ème internationale socialiste. Groupe qu’il quitte à la fin des années 70 pour rejoindre le Parti Progressiste Martiniquais (PPM), le parti d’Aimé Césaire avec qui il s’était lié d’amitié quelques années auparavant. Commence alors une carrière politique très dense qui le mènera à occuper divers mandats électoraux, dont ceux de conseiller régional de 1986 à 2004, maire du Robert de 1989 à 1997 et de conseiller général du canton du Robert de
1992 à 1998.

Un « analyste de l’histoire »

Mais Edouard De Lépine a été surtout un grand humaniste, un érudit, un passionné d’histoire, « un analyste de l’histoire », comme l’a rappelé Serge Letchimy et laisse une œuvre historique considérable avec de nombreux ouvrages sur l’histoire antillaise, dont trois essais sur « l’abolition, l’assimilation et l’autonomie » publiés aux éditions Désormeaux et un essai sur les écrits politiques d’Aimé Césaire intitulé « Nous sommes des nains sur les épaules d’un géant, Aimé Césaire ». Une immense œuvre qui devrait permettre aux générations futures de comprendre la complexité de l’histoire de la Martinique en ces temps d’actualité brûlante liée à la mémoire et à l’histoire de l’esclavage.

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