Immigration clandestine: La blague d’Emmanuel Macron sur « les kwassa-kwassa » qui ne passe pas

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©Richard Bouhet / AFP

Emmanuel Macron a provoqué une polémique le 1 er juin avec une plaisanterie sur les « kwassa-kwassa ». Le conseil représentatif des Français d’origine comorienne réclame des excuses publiques. 

« Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent ». Ces propos d’Emmanuel Macron prononcés lors d’un déplacement officiel au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique d’Etel (Morbihan) ont suscité de l’indignation auprès des internautes et de la classe politique. Les Kwassa-Kwassa sont des embarcations de fortune utilisées par les migrants au départ de l’Union des Comores pour l’île de Mayotte, le 101e département français depuis 2011.

Le député éuropéen Younous Omarjee a qualifié « d’honteux et de révoltant » sur Twitter, les propos du Président de la République. Même réaction pour le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, président du groupe d’amitié France-Union des Comores de l’Assemblée nationale. « J’invite Emmanuel Macron à régler les problèmes locaux plutôt qu’à en rire », a déclaré le député. Le Conseil représentatif des Français d’origine comorienne a, lui aussi, « condamné avec la plus grande fermeté les déclarations » jugées « racistes et déshumanisantes du président Macron ». « Nous demandons expressément des excuses publiques du président et qu’il prenne sa responsabilité sur la tragédie qui se déroule sous ses yeux », a demandé le président de cette association, Nassurdine Haidari.

Depuis la sortie de cette séquence par le journal « Le Quotidien » sur TMC, l’Elysée a reconnu le 3 juin un mauvais trait d’humour pour tenter de désamorcer la polémique. Une « plaisanterie pas très heureuse », « pas très fine » ou encore « regrettable » sur « un sujet grave, dont le président de la République a pleinement conscience et dont il a eu l’occasion de parler durant la campagne présidentielle », a plaidé l’Elysée, interrogé par le Lab d’Europe 1 et LCI.

 

 L’immigration clandestine à Mayotte

Selon un rapport du Sénat datant de juillet 2012, plus de 10 000 Comoriens sont morts en tentant de rejoindre Mayotte depuis 1993 et l’application du décret Balladur. Mayotte, qui compte une population de 212 600 habitants, connaît une forte pression migratoire des îles voisines des Comores. Elle estime à 40% le nombre d’étrangers sur son territoire.
Pour lutter  contre ce phénomène, 822 policiers et gendarmes sont mobilisés à Mayotte et 76 policiers supplémentaires sont affectés à la lutte contre l’immigration clandestine. Un plan d’action contre l’insécurité et l’immigration clandestine a été présenté en juin dernier.

 

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