Histoire d’Outre-mer : Le Martiniquais Félix Perina s’en va-t’en guerre

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Après le premier épisode de la série Histoire d’Outre-mer du magazine Itinéraires de Suez Outre-mer, portant notamment sur le Bataillon du Pacifique, Outremers360 vous propose cette semaine le portrait du soldat martiniquais Félix Perina, engagé en 1947 dans la guerre d’Indochine, plus particulièrement au sein du 23ème Groupement aérien d’observation d’artillerie.

Quand la Deuxième Guerre mondiale éclate en 1939, Félix Nestor Perina n’a que seize ans. Il habite le Saint-Esprit, commune du centre de la Martinique, et souhaite s’engager dans l’armée. Mais il se heurte au refus catégorique de son père et il n’intégrera l’armée qu’à la fin de la guerre, pour effectuer son service militaire. Alors que l’année 1945 marque la fin du conflit mondial, un autre conflit est en train de germer en Indochine…

L’INDOCHINE

Félix renouvelle son engagement en 1947 et intègre le 23ème Groupement aérien d’observation d’artillerie (GAOA) qui le mènera en Indochine. Avec ses compagnons d’infortune, il est en charge de repérer les activités suspectes sur le terrain et de les signaler au PC de surveillance. Il effectue également des repérages aériens pour mener à bien les bombardements futurs sur les zones. En intégrant l’aviation, il prend un rôle éminemment stratégique. « Il nous est arrivé de partir en pleine nuit, aux environs de 3 ou 4 heures du matin, afin de parachuter des militaires sur les zones définies par nos supérieurs ».

Félix Perina, alors âgé de 26 ans, à Castres ©DR

Félix Perina, alors âgé de 26 ans, à Castres ©DR

Il se souvient, comme si c’était hier, de la bataille de Diên Biên Phu, moment clé de la guerre d’Indochine qui se déroula pendant plusieurs mois et qui opposa les forces de l’Union française aux forces du Viêt Minh, dans le Nord du Vietnam actuel. La particularité de cette bataille résidait dans sa configuration : une cuvette en plein cœur de la forêt.

« Tout allait bien, mes camarades et moi savions que cette bataille se déroulait depuis plusieurs mois. Un jour, on nous a appelés pour y aller. Toute la différence se fait là. Une fois que tu sais que tu dois partir, la peur t’envahit. Pourtant, je n’ai jamais ressenti d’appréhension particulière en opération. Dans ces moments-là, on ne pense qu’à survivre. Je me souviens en revanche du sentiment de peur qui m’envahissait au moment des annonces des départs en opération. L’annonce est toujours plus impressionnante que l’opération elle-même ».

L’AFRIQUE

Félix est ensuite affecté au Mali pendant trente mois (le temps de faire la connaissance de sa femme qu’il épousera sur place). De nouveau affecté, en Algérie cette fois, il patrouille pour trouver les  Fellagha et les faire interroger. Il se souvient aussi avec émotion des fermes que son régiment devait brûler, après avoir fait sortir les habitants. Une mesure de précaution pour éviter qu’elles soient utilisées comme cachette par les Fellagha et dépouiller la population. Félix décrit d’ailleurs ces moments comme l’un de ses plus douloureux souvenirs.

UN HOMME QUI AIME LES GENS

De son impressionnant parcours militaire, il garde une certaine rigueur et un goût sans limite des voyages et de la découverte. Il les envisage comme une façon de mieux appréhender le monde et sa diversité. Une constante est cependant à noter dans son parcours : Félix aime les gens et cet amour des gens l’a mené à développer une vraie empathie.

Médailles militaires de Félix Perina ©DR

Médailles militaires de Félix Perina ©DR

Il se souvient d’une grenade qui avait explosé au cinéma, en contrebas des sièges sur lesquels il était installé avec son camarade Louisor. Il mesure encore sa chance de n’avoir été blessé que par un petit éclat de grenade d’autant qu’il avait choisi le strapontin du haut « pour des raisons de confort ». 1962 marque son retour à la vie civile, sa « libération » comme il aime le dire.

Aujourd’hui, il se considère chanceux car revenu de ces épisodes, sain et sauf. Il en profite pour aborder un sujet qui lui est cher et dont il est devenu un ardent défenseur auprès des habitants et des administrations au Saint-Esprit : le manque de reconnaissance des Anciens combattants. Félix dénonce le peu de considération que l’Etat leur accorde en les obligeant à lui adresser une demande « pour obtenir la Légion d’honneur, alors que les musiciens, chanteurs et autres artistes se la voient attribuer sans avoir participé à la guerre ». Agé de 92 ans aujourd’hui, Félix avoue « ne pas comprendre les raisons qui poussent à tuer hors des périodes de guerre ».

Félix Perina et le 1er adjoint au Maire de Saint-Esprit en Martinique ©DR

Félix Perina et le 1er adjoint au Maire de Saint-Esprit en Martinique ©DR

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1 Commentaire

  1. Ponnet

    N’importe quoi ce papier!Le gars est sympa. On lui doit reconnaissance pour son temps sous les drapeaux au service de la France mais il n’a rien fait!! La peut de partir est plus forte ou traumatisante que celle de combattre? Allez dire cela à ceux qui ont réellement fait Dien Bien Phu. IL manque des morts pour la farnce sur les monuments de Martinique..Allez donc demander à François CARTIGNY

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