Haïti : Premier défilé de l’armée nationale lors de la fête de l’Indépendance

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© Ministère de la Défense Haiti

Remobilisée par le gouvernement le 18 novembre, la nouvelle force armée d’Haïti composée de 150 soldats, va défiler ce 1 er janvier 2018 à l’occasion de la commémoration des 214 ans de la proclamation de l’indépendance d’Haïti.

Pour le Ministère de la Défense d’Haïti, il s’agit d’un « retour à la tradition ». Il faut remonter à plus de 20 ans en arrière pour assister à un défilé de l’armée haïtienne lors de cette fête d’indépendance. Aujourd’hui, l’Armée d’Haïti compte 150 militaires formés pour la plupart en Equateur. Ils sont aujourd’hui commandés par le lieutenant-général Jodel Lesage, ancien membre du corps des Léopards, unité d’élite des forces armées sous le régime de Jean Claude Duvalier. Ce dernier est chargé d’entreprendre les travaux relatifs au rétablissement, à l’organisation et au fonctionnement de l’institution.

Depuis 1995, année de la dissolution de l’armée par le président Jean-Bertrand Aristide, la police nationale est seule responsable de la sécurité de l’ancienne colonie française. Alors que le pays a encore été frappé ces dernières années par les catastrophes naturelles, le rétablissement de l’armée est une question qui divise Haïti. Cependant, plus de 2000 jeunes se sont déjà inscrits en vue d’intégrer  cette nouvelle force.

 

L’Indépendance d’Haiti le 1er janvier 1804

Le dimanche 1er janvier 1804, l’île de Saint-Domingue devient indépendante au terme d’une longue et meurtrière guerre de libération.  L’ancienne colonie française devient le premier État noir des Temps modernes et le deuxième État indépendant des Amériques (après les États-Unis). Elle adopte pour l’occasion le nom que lui donnaient les Indiens Taïnos avant l’arrivée de Christophe Colomb : Haïti. Toussaint Louverture, le héros de la guerre de libération, ayant été fait prisonnier par traîtrise et envoyé au fort de Joux, dans le Jura français, c’est l’un de ses lieutenants, un ancien esclave noir du nom de Jean-Jacques Dessalines, qui prend le pays en main. L’indépendance est proclamée sur la place d’armes des Gonaïves. Il fait périr les derniers Blancs restés sur l’île et suscite contre lui la rébellion de ses anciens lieutenants. Dans un ultime sursaut, il projette de nationaliser les terres et de les répartir entre tous les citoyens ! Il est tué dans une embuscade le 17 octobre 1806.
Henri Christophe, ancien esclave noir, succède à Dessalines dans le nord de l’île, pendant que le sud tombe sous la domination d’un mulâtre, Anne Alexandre Pétion. Christophe devient le roi Henri 1er en 1811 avant d’être contraint au suicide en 1820.

A la mort d’Alexandre Pétion 29 mars 1818, Jean-Pierre Boyer prend la tête de la jeune république. Il réunifie le territoire de l’ancienne colonie après la mort de l’autre chef haïtien, Henri Christophe (le « roi » Henri 1er). Il faut attendre 1825 pour que la France de Charles X « concède » l’indépendance à Haïti, moyennant le paiement d’une indemnité de 150 millions de francs or pour « dédommager les anciens colons ».

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