Haïti : La Minujusth, nouvelle force de sécurité onusienne est lancée

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© Logan Abassi/MINUJUSTH

Elle remplace la Minustah. Depuis le 16 octobre dernier, la nouvelle mission onusienne pour l’appui à la justice en Haïti a officiellement pris ses fonctions à Port au Prince. Mais son installation provoque de vives réactions dans le pays.

Sixième mission de maintien de la paix de l’Onu en Haïti depuis 25 ans, la Minujusth aura pour rôle d’assister le gouvernement haïtien à renforcer les institutions de l’État de droit, à continuer de développer les capacités de la police nationale et de promouvoir les droits de l’homme. Cette nouvelle force sera moins nombreuse en terme d’effectifs ( un millier d’agents) et plus courte en terme de mandat ( deux ans de mission contre 13 ans de présence pour la Minustah).

«La création de la Minujusth reflète l’engagement (de l’Organisation) des Nations unies à poursuivre son soutien à la consolidation de la paix et à la promotion de la stabilité politique en Haïti », a affirmé le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies,le Portugais Antonio Guterres, dans un message lu à cette occasion par son représentant spécial adjoint en Haïti, le Guinéen Mamadou Diallo, également chef par interim de la Minujusth. Hasard ou coïncidence, cette nouvelle mission intervient dans un contexte où le gouvernement de Jovenel Moïse s’est lancé dans la lutte contre la corruption dans le pays.

Cette implantation sur le sol haïtien est fortement critiquée dans le pays. Certains la considèrent comme  une nouvelle « force d’occupation ». Ces nouveaux casques bleus doivent également faire face au bilan de la précédente mission, que n’a pas manqué d’évoquer Antonio Rodrigue, le Ministre des Affaires étrangères haïtien.  Il a cité dans son allocution l’épidémie de choléra (épidémie introduite, en octobre 2010 par la Minustah et qui a fait plus de 10.000 morts, ndlr), qui, dit-il, ne saurait être passée sous silence, sans oublier les abus sexuels sur les femmes et enfants en Haïti.

D’ailleurs, certains observateurs ont souligné l’absence de personnalités officielles lors de la cérémonie d’installation de la Minujusth. « Ce lundi 16 octobre, comme pour souligner le malaise, ni le président de la République, ni le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), ni le Premier ministre, président du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN), ni le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, ni les présidents des deux branches du Parlement, ni le directeur général de la Police nationale n’ont cru nécessaire de payer de leur présence la cérémonie d’entrée en fonction de la MINUJUSTH. Des absences très remarquées » , souligne un éditorialiste du journal « Le Nouvelliste ».

 

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