Éruption volcanique au Vanuatu : une île totalement évacuée

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Vue aérienne du volcan Manaro Vui, le 26 septembre 2017 ©DR

Les autorités du Vanuatu ont ordonné jeudi l’évacuation obligatoire et entière de l’île d’Ambae, en raison du réveil d’un volcan qui fait planer la menace d’une éruption majeure.

Les 11 000 habitants d’Ambae, située à 150 km au nord de la capitale Port-Vila, devront avoir quitté leur île le 6 octobre, a annoncé le bureau du Premier ministre Charlot Salwai. C’est la première fois de mémoire d’homme qu’une île de l’archipel doit être intégralement évacuée en raison d’un volcan, a souligné le bureau de gestion des catastrophes naturelles (NDMO) du Vanuatu. « Nous avons la capacité maritime, ici au Vanuatu, de déplacer 11 000 personnes », a rassuré le directeur du NDMO, Shadrack Welegtabit.

Le volcan Manaro Vui a grondé pendant plusieurs semaines avant d’envoyer, au cours du week-end, une pluie de cendres et de roches sur certains villages de l’île, contraignant les autorités à décréter l’état d’urgence et à relever l’alerte volcanique au niveau 4, le deuxième le plus élevé. Une grande partie de la population de l’île, environ 7 000, a déjà dû être évacuée vers des hébergements d’urgence. « Nous avons déjà déplacé les gens qui habitaient sur les hauteurs vers des zones sûres de l’ouest et de l’est (de l’île) », a dit Shadrack Welegtabit. « Il est probable que le volcan passe au niveau 5 (…), donc il nous faut évacuer la population de l’île ».

Le volcan ©DR

Le volcan Manaro Vui comporte trois lacs dans son cratère, dont un acide ©DR

Selon les organisations humanitaires, les plusieurs milliers d’habitants ayant déjà évacué sont menacés par la pénurie d’eau et de vivres dans les camps d’urgence surpeuplés où ils se sont réfugiés. « Nous avons des abris en nombre très limité, des ressources en vivres et en eau et en produits de première nécessité très limitées. Nous devons affronter de nombreux défis », relate Manuel Ure, coordinateur chargé des catastrophes naturelles pour le gouvernement provincial de Penama, à Radio New Zealand.

Trois mois avant de revenir

Des milliers de personnes avaient déjà été évacuées en 2005, lors d’une précédente éruption de ce volcan, également connu sous les noms d’Aoba et Lombenben, qui comporte trois lacs en son cratère. Les personnes évacuées avaient dû attendre trois mois avant de pouvoir revenir. Il est impossible de savoir combien de temps durera cette fois l’évacuation, a précisé Shadrack Welegtabit : « Tout dépendra de l’activité volcanique ». L’éruption est à ce stade officiellement qualifiée de « modérée ». Les autorités ont mis en garde contre le risque de chutes de pierres, de pluies acides et de gaz volcaniques. L’île était déjà soumise à la sécheresse, et les sources d’eau ainsi que les récoltes sont à présent recouvertes de cendres.

L’archipel aux 80 îles, qui compte 270 000 habitants, avait été en partie ravagé par le cyclone Pam, de catégorie 5 – la plus élevée -, qui avait fait 11 morts en 2015. Condominium franco-britannique jusqu’à son indépendance en 1980, Vanuatu est l’un des pays les plus pauvres de la planète.

Avec AFP.

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