Éruption du Kilauea à Hawaii : La déesse Pele, « femme qui dévore la terre », symbole du volcan de Big Island

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©USGS Volcanoes

Depuis ce vendredi 4 mai, le volcan hawaïen Kilauea, culminant à 1 247 mètres et situé sur l’île de Hawaii également connue sous le nom de Big Island, est en éruption suite à une plusieurs secousses sismiques ayant provoqué des fissures éruptives. Cette éruption entraîne d’impressionnantes coulées de lave et force plusieurs milliers d’habitants à quitter leurs habitations.

L’île de Hawaii, la plus grande de l’archipel éponyme, compte cinq volcans en activité, dont le Kilauea, l’un des plus actifs au monde. Mais derrière ce volcan se cache le récit de la déesse Pele [prononcer Pélé], « née sur l’île de Tahiti » et qui, « grâce à son pouvoir (…), est à l’origine des îles Hawaii ». Alexandre Juster, ethno-linguiste et spécialiste des îles du Pacifique nous en dit plus.

Pele est la déesse du feu, de la foudre, de la danse, du vent et des volcans. Elle est également connue sous le nom de Pele ka wahine ʻai honua – Pele la femme qui dévore la terre. Grâce à son pouvoir qu’elle exerce sur les volcans, c’est elle qui est à l’origine des îles Hawaii. Pele, la destructrice mais aussi la créatrice.

D’après les récits, elle est née à Tahiti, sa mère étant Haumea, la déesse de la fertilité, et son père Kane, le dieu qui créa le ciel et la terre.

Pele

Ayant tendance à se disputer avec sa sœur, Nāmakaokahai, la déesse de l’eau, son père lui intima l’ordre de quitter sa terre natale, Tahiti. Le grand frère de Pele, Kamohoalii, un dieu ayant l’apparence d’un requin, lui offrit une pirogue sur laquelle elle voyagea jusqu’à l’archipel hawaiien. Pendant sa traversée, elle fut de maintes fois aux prises avec sa sœur Nāmakaokahai.

Pele tenta tout d’abord de s’installer sur l’ile de Kauai, où sa sœur manqua de la tuer. Rétablie, elle s’enfuit vers Oahu, où elle creusa plusieurs « trous de feu », dont Lēʻahi, plus connu sous le nom de Diamond Head, un volcan qui domine la plage de Waikiki.

Peles-Voyager

Puis elle se dirigea sur l’île de Molokai, avant d’atteindre Māui, où elle créa le volcan Haleakala. A ce moment précis, Nāmakaokahai s’aperçut que Pele était encore en vie. Elle la rejoignit à Hana, à l’est de Māui. Les deux sœurs s’engagèrent dans un combat terrible, Pele le perdit et fut littéralement déchirée par sa sœur. Son squelette aurait servi à édifier la colline Kaiwiopele (littéralement « les os de Pele »).

A sa mort, Pele est devenue une déesse et s’installe sur l’île d’Hawaii, une île où elle ne s’était pas encore rendue. Elle trouva refuge sur le volcan Mauna Kea, la montagne blanche –le sommet étant parfois recouvert de neige. De là, elle creusa au sommet du Kilauea un dernier trou, formant le cratère de Halemauamau, où elle élut son dernier domicile.

Alexandre Juster.

De nouvelles fissures ouvertes près du volcan Kilauea

L’éruption du volcan Kilauea se poursuivait dimanche avec l’apparition de nouvelles fissures dont s’échappaient lave et émanations parfois toxiques ayant entraîné des milliers d’évacuations. Selon un communiqué de l’Observatoire hawaïen des volcans publié vers 9H40 GMT dimanche, huit fissures ont été dénombrées dont la dernière s’est ouverte samedi soir. Elles sont toutes localisées dans le quartier Leilani Estates, dont les 1 700 habitants font l’objet d’un ordre d’évacuation obligatoire depuis jeudi tout comme ceux de Lanipuna Gardens.

L’observatoire, rattaché à l’agence américaine de géologie et de sismologie (USGS), a indiqué que de nouvelles lézardes avaient été repérées dans le sol dimanche matin « mais aucune chaleur ni vapeur » ne s’en échappent. Si de la lave continue de jaillir -parfois jusqu’à 70 mètres dans les airs- de plusieurs fissures, ces fontaines éruptives ont cessé sur d’autres de ces failles. Et du dioxyde de soufre, un gaz qui entraîne une qualité de l’air « extrêmement dangereuse », s’échappe du sol par endroits.

L’Agence de protection civile du comté de Hawaii a fait savoir samedi soir que cinq maisons avaient été détruites. Elle a également prévenu que « l’activité éruptive augmente et devrait continuer », insistant sur l’imprévisibilité de cet événement naturel. En ce qui concerne la sismicité déjà élevée dans la région depuis le début de la semaine, l’Observatoire a noté une hausse au cours des deux derniers jours marqués par une puissante secousse de magnitude 6,9 vendredi et une précédente jeudi de magnitude 5 qui a déclenché l’éruption du Kilauea.

En 48 heures, les experts ont enregistré 152 tremblements de terre de magnitude 2 et 3 localisés à moins de 5 kilomètres sous le cratère et vingt-deux séismes de magnitude 3. « Ces tremblements de terre sont liés à la subsidence (un lent affaissement, NDLR) du sommet et sous le flanc sud du volcan », a expliqué l’Observatoire, soulignant que les images satellites montraient un abaissement du fond du cratère d’environ dix centimètres entre les 23 avril et 5 mai. Et, depuis le 30 avril, la surface du lac de lave a baissé de 128 mètres par rapport au sommet du cratère.

©AFP

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