Droits des Peuples : Au Canada, le grand Pardon

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Mardi 15 décembre, Justin Trudeau, Premier ministre canadien, a solennellement demandé pardon aux peuples autochtones qui furent victimes pendant près d’un siècle des « écoles d’assimilation ».

C’était à l’occasion de la publication du rapport final réalisé par la commission d’enquête sur ces écoles d’assimilation. Justin Trudeau, Premier ministre canadien, s’est longuement exprimé dans un discours dans lequel il demande pardon aux peuples autochtones. De la fin du XIXème siècle au années 1970, plus de 150 000 enfants d’amérindiens, métis et inuits furent envoyés de force et ont subis de nombreux sévices perpétrés au sein de ces pensionnats d’assimilation. Mauvais traitement ou abus sexuels, ces enfants ont été coupés de leur famille et de leur culture et envoyés dans ces 39 pensionnats répartis dans tout le Canada et gérés par des communautés religieuses. On estime à au moins 3 200 le nombre de morts, la plupart de tuberculose. Aujourd’hui, ils seraient environ 80 000 survivants de cette époque sombre de l’Etat Fédéral du Canada. Justin Trudeau s’est également engagé à donner suite au 94 « appels à l’action », lancés par la commission de vérité et de réconciliation. Une commission qui a recueilli, six années durant, quelque 7 000 témoignages d’anciens élèves.

Un des plus sombres chapitres de l’Histoire canadienne

« Vous avez pendant trop longtemps porté sur vos épaules le fardeau de cette expérience. Ce fardeau nous appartient, en tant que gouvernement et en tant que Pays. Désormais, l’un de nos objectifs est d’accepter pleinement nos responsabilité, et nos échecs », a assuré Justin Trudeau, devant une foule qui l’a longuement applaudi. Du côté des dirigeants autochtones, on estime que la misère, la violence conjugale, l’alcoolisme ou encore, le taux élevé de suicide est largement dû à cette époque d’assimilation forcée à la société dominante. Ces maux sont encore le lot quotidien de bon nombre de membres de leurs communautés. Ce système scolaire, « à l’origine d’un des plus sombre chapitre de l’Histoire canadienne, a eu un profond impact, durable et nuisible, sur la culture, le patrimoine et les langue des autochtones », a reconnu le Premier ministre. Ce grand pardon s’inscrit dans un processus de longue date, visant à reconnaître les sévices qu’ont subi les peuples autochtones du Canada.

On estime à 1200 le nombre de femmes autochtones victimes de meutres, de disparition ou de viols ©DR

On estime à 1200 le nombre de femmes autochtones victimes de meutres, de disparition ou de viols ©DR

En 2008, le précédent gouvernement s’était déjà officiellement excusé de ce « génocide culturel » et avait accordé près d’1,3 milliard d’euros de compensation aux anciens élèves. Les peuples autochtones ont aussi été reconnus comme Première Nation du Canada. Et une enquête nationale a récemment été ouverte par sur les 1 200 femmes autochtones disparues et assassinées au Canada depuis les années 80. Les pensionnats d’assimilation canadiens rappellent étrangement ceux d’Australie, dans lesquels les enfants aborigènes étaient envoyés, de force également, pour devenir « de vrais petits enfants blancs ». Les conséquences sont les mêmes : acculturation, violence, pertes de repères, alcoolisme.

Les larmes d'un amérindien du Canada. En 2013, plusieurs d'entre eux avaient entamé une marche dénonçant les problèmes auxquels ils font quotidiennement face ©PC / Fred Chartrand

Les larmes d’un amérindien du Canada. En 2013, plusieurs d’entre eux avaient entamé une marche dénonçant les problèmes auxquels ils font quotidiennement face ©PC / Fred Chartrand

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