Développement durable en Martinique: La ville de Marigot installera bientôt une centrale de vidange des eaux usées unique sur l’île

No Comment

© DR

Essainia est un projet un projet de traitement et de valorisation de la boue et des matières de vidanges provenant des systèmes d’assainissement non collectifs, plus communément appelés fosses septiques, qui devrait rentrer en fonctionnement dès septembre 2017. Le  premier pole de traitement sera installé dans la ville du Marigot. 

La Martinique ainsi que les autres départements d’Outre-mer accusent un retard de deux décennies  dans le traitement des eaux usées, tel est le bilan que dressait en 2013 l’ancien Office national des eaux et des milieux aquatiques (Onema) depuis intégré dans l’Agence française de biodiversité.  Même  si la Martinique possède un parc de 107  stations d’épuration, 60% de sa population utilisent un système d’assainissement autonome (fosses septiques) souvent non conformes ou déversent leurs eaux usées non traitées directement dans le milieu naturel.  Des vidanges sauvages qui ne sont pas sans conséquence sur la biodiversité et la qualité de l’eau des rivières.

Actuellement, une seule station d'épuration de matières à Dillon qui est aujourd'hui arrivée à saturation et très éloignée des communes du Nord ©DR

Actuellement, une seule station d’épuration de matières à Dillon qui est aujourd’hui arrivée à saturation et très éloignée des communes du Nord ©DR

 

Pour remédier à cette situation, la ville de Marigot ouvrira dès septembre prochain la première des trois plateformes de traitement de ces déchets avec le projet Essainia. Après être resté plus de 20 ans dans les cartons, le projet Essainia conduit par la société éponyme a connu une accélération ces quatre dernières années. « Il s’agit d’une plateforme dans laquelle les boues dépotées sont prétraitées et filtrées en vue de leur valorisation en compostage dans un centre de traitement agréé. De plus, les eaux issues de la filtration sont traitées, désinfectées et réutilisées à des fins de lavage et/ou remplissage des cuves des camions hydrocureurs », explique Elodie Nauleau, responsable conduite et développement de projets au sein de la société Essainia.

Vue 3D de la plateforme de traitement des matières de vidange © DR

Vue 3D de la plateforme de traitement des matières de vidange © DR

Projet à la fois écologique et économique

Promoteurs du projet, collectivité locale et vidangeurs sont tous unanimes quant à la  finalité de ce centre de traitement des eaux usées. « Compte-tenu de la saturation des axes routiers et des contraintes foncières, l’enjeu pour les professionnels du secteur et les producteurs de boues est de disposer de solutions de traitement localisées au plus près des gisements, dans le but de réduire les temps de trajet et ainsi d’accroître la productivité des professionnels de la vidange et donc d’optimiser les prix du transport des déchets. Ces effets positifs doivent contribuer à un meilleur respect des obligations d’entretien des filières d’assainissement non collectif en Martinique », avance Elodie Nauleau. Elle affirme également que « l’enjeu pour le territoire est d’augmenter significativement le taux de collecte des boues issues de l’ANC afin de réduire l’incidence importante de la pollution diffuse des rivières et des côtes de l’île. Il s’agit également de réduire significativement l’empreinte carbone de l’activité de collecte des boues. C’est également un meilleur suivi des déchets collectés grâce aux moyens de traçabilité mis en place par ESSAINIA ».

Un projet dont le maire de la commune Joseph Peraste est fier. Ce dernier espère que l’installation de cette station de traitement des eaux usées favorisera le développement économique de la région nord de la Martinique. « J’ai été preneur de ce projet car il y a une possibilité de créations d’emplois. J’ai longuement défendu auprès des investisseurs cette éventualité que cela puisse profiter aux Marigotins. Mais il s’agit également du développement économique et sanitaire du nord, mais aussi de l’intéret de la Martinique d’avoir une telle usine », confiait-il lors d’une conférence de presse.

A terme, cette filière de traitement espère réduire de 80% le volume des boues traitées dans le secteur du projet. Les deux autres usines de traitement vont être créées sur le territoire du Cap Nord et de la Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud, recouvrant ainsi « un gisement total de  72 000 m3/ par an ».

Capture d’écran 2017-07-22 à 17.27.16

 

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment