Désamiantage : A Nauru, des travailleurs en danger ?

No Comment

Débuté en septembre dernier, le programme de rénovation des maisons à Nauru fait des remous. La chaîne australienne ABC met en exergue les réfugiés et travailleurs nauruans exposés aux fibres d’amiante lors de ces rénovations.

Contacté par ABC, un réfugié rohingya a raconté son premier jour de travail dans le cadre du programme de rénovation des maisons à Nauru. « Mon chef ne m’a rien dit. Quand je suis arrivé, il a juste dit « hé ! Tu prends la toiture, débrouille-toi ». Il ne m’a pas parlé du danger à manipuler ces matériaux ». Ce danger, il est contenu dans les toitures et revêtement des domiciles et bâtiments publics de Nauru, qui contiennent de l’amiante. Le programme, financé à hauteur de 5,5 millions de dollars, doit permettre de désamianter 40% des logements et bâtiments publics. Face à un tel risque, le Secrétariat du programme régional pour l’environnement (SPREP), organe de la Communauté du Pacifique Sud, a récemment publié une étude sur l’amiante dans le Pacifique. Stewart Williams, un des auteurs de l’étude, déclare « les toitures et les revêtements qui contiennent de l’amiante sont soit cloués ou vissés, ou en tout cas, attachés aux chevrons ou à la structure, et quand c’est retiré, ça peut se casser et libérer les fibres d’amiante ».

Une campagne de désamiantage en bonne et due forme, mais pas à Nauru ©Briero

Une campagne de désamiantage en bonne et due forme, mais pas à Nauru ©Briero

De son côté, le gouvernement de Nauru, commanditaire du programme, se défend, « le programme de rénovation est sans danger et bénéficie grandement à la population ». Un information qui ne convainc pas, le réfugié rohingya affirmant ; « J‘ai travaillé là-bas pendant un mois. Beaucoup de gens m’ont dit « tu ne doit pas faire ça comme ça, tu n’utilise pas d’outils, pas de gants, pas de masque. C’est un problème pour toi et ton corps ». Il continue, « parfois on me donnait un masque et un gant. Après deux ou trois jours, on me donnait un deuxième gant. Trois jours plus tard, on me donnait rien du tout, pas de gants, pas de masque ». Une affirmation soutenue par Sprent Dabwido, ancien président de l’île et membre de l’actuelle opposition ; « j’ai vu un groupe e train de travailler. Il y avait quatre réfugiés. Ils ont escaladé la maison et ont retiré l’amiante sans précaution particulières ». Véritable danger pour la santé, les fibres d’amiante pénètrent les poumons provoquant de nombreuses maladies comme l’asbestose, le cancer et le mésothéliome.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont précisés (obligatoire)

Pas de commentaires pour le moment