Dengue à La Réunion : Ericka Bareigts épingle « le défaut d’anticipation de l’Etat »

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©Lionel Bonaventure / AFP (Archives)

S’adressant au Premier ministre lors des dernières questions au gouvernement, « c’est un sujet qui (…) impactera demain le territoire national », la députée de La Réunion Ericka Bareigts a vivement épinglé le « défaut d’anticipation de la part de l’Etat » ayant pour résultat « une crise sanitaire mal gérée, mal préparée ». Ericka Bareigts demande au gouvernement « quelles mesures significatives le gouvernement compte-t-il mettre en place dès maintenant ? ».

« L’OMS a dénombré 1398 cas de dengue à La Réunion entre le 1er janvier et le 18 avril. L’ARS dénombre aujourd’hui 2600 cas : en moins d’un mois, le nombre de personnes a quasiment doublé », s’est indignée l’ancienne ministre des Outre-mer. « 500 nouveaux cas la semaine dernière soit 70 personnes touchées par jour. Nous comptions seulement 100 cas de dengue pendant toute l’année 2017 ». « Durant tout l’hiver austral, à cause de la fin des contrats aidés et de l’absence de disponibilité des PEC pendant la saison cyclonique, il n’y a pas eu de moyens dédiés pour lutter contre les gites larvaires contrairement aux années précédentes », indique-t-elle. « Le défaut d’anticipation de la part de l’Etat est d’autant plus grave que La Réunion a vécu une saison cyclonique intense favorable au développement des moustiques et de leurs larves. A défaut de communication claire et de propositions efficaces de la part de l’ARS qui s’est focalisée uniquement sur les gites larvaires et non sur la protection des personnes, l’épidémie s’est propagée ».

Pour Ericka Bareigts, le gouvernement s’expose à trois risques, à la veille de l’hiver austral. « L’épidémie est loin de s’arrêter avec des gites larvaires largement installés à cause des tempêtes Fakir et Berguitta. Pour les mois de septembre et d’octobre, c’est-à-dire l’été chez nous, le risque de flambée n’est pas à exclure : c’est ce qui s’est passé pour le chikungunya il y a dix ans. Enfin, une contamination nationale par le moustique tigre présent sur l’Hexagone reste à craindre », prévient la députée. « Toutes les conditions sont ici réunies pour une extension de la crise ». « J’ai entendu le gouvernement promettre 300 services civiques. Depuis quand, en France, gère-t-on une crise sanitaire avec des services civiques ? ».

Alors qu’elle s’était adressée au Premier ministre, c’est finalement la ministre de la Santé Agnès Buzyn qui a répondu à la députée de la 1ère circonscription de La Réunion. « Vous avez raison : le cas de dengue est en nette augmentation. Depuis le début de l’année, nous en comptons 2600. C’est un nouveau virus contre lequel la plupart des personnes à La Réunion n’ont pas été pour l’instant immunisées », a-t-elle concédé. « Nous menons des actions très volontaristes avec l’ARS sur le terrain et la Préfecture et (…) les différents acteurs du territoire : les 24 communes, les 5 EPCI du département, le conseil départemental, le conseil régional, les SDIS – c’est-à-dire les pompiers – et l’Association des Maires sont venus renforcer les effectifs de la lutte anti vectorielle ».

« Le service de lutte anti vectorielle demeure en capacité d’intervenir en porte à porte autour des cas isolés signalés et au sein des foyers émergents de dengue lorsqu’ils sont signalés », poursuit la ministre. « Suite à ces interventions, plusieurs quartiers de l’île ont ainsi pu échapper au développement de la contagion. Ces opérations ont permis de mutualiser et de concentrer les moyens dans les quartiers concernés grâce à la mobilisation de nombreux acteurs ». Pour Agnès Buzyn, les 300 services civiques qui seront recrutés « viendront conforter les traitements insecticides menés par l’ARS et les pompiers en porte à porte. La mobilisation de l’ensemble de ces acteurs permet la mise en œuvre d’une action à l’échelle de l’île tout en conservant une intervention ciblée à l’échelle de chaque quartier », a-t-elle également assuré.

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