Crise sociale en Guyane : Un dialogue impossible avec la mission interministérielle et un appel à la grève générale pour lundi

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Malgré l’appel au dialogue et à l’apaisement du gouvernement, la Guyane reste toujours paralysée après dix jours de mobilisation. Les collectifs ont refusé de s’entretenir avec la délégation interministérielle arrivée sur place samedi . Un appel à la grève générale dès le lundi 27 mars a été lancé.

Dès son arrivée en Guyane, la mission interministérielle menée par l’ancien préfet de Guyane Jean François Cordet s’est exprimée et a tenté de rassurer les manifestants. Elle a  ainsi réaffirmé des décisions déjà actées comme l’abandon de la cession du CMCK (Centre médico-chirurgical de Kourou), l’installation d’un scanner à l’aéroport pour détecter les mules transportant la drogue et le déblocage 2 millions pour la filière pêche. «  Nous sommes une délégation composée de décideurs, que ce soit pour la sécurité, l’économie et la santé. Nous avons le souhait de prendre des décisions le plus rapidement possible, et de faire en sorte que la paralysie dans laquelle nous sommes se termine. Beaucoup de dossiers ont été préparés. Beaucoup de dossiers correspondent à des décisions qui pourraient être prises à condition de pouvoir engager les discussions. Je n’ignore pas que la demande qui est faite est la présence de ministres. Certains arbitrages ont déjà été faits. Les ministres sont en réserve électorale, mais ça n’empêche pas de prendre des décisions », a déclaré Jean-Francois Cordet.

 Point presse de la mission interministérielle en Guyane © Préfecture de Guyane

Point presse de la mission interministérielle en Guyane © Préfecture de Guyane

Des annonces sans effet pour les grévistes qui réclament toujours la venue des ministres compétents pour répondre aux revendications et pour débuter les négociations, à l’instar du collectif des « 500 frères ». « Les Guyanais exigent la venue immédiate du Premier Ministre, du Ministre de l’Intérieur, de la Justice et de l’Economie. Aujourd’hui, nous sommes déterminés » soutient l’un des porte-paroles  du collectif face à Jean-François Cordet, venus à leur rencontre.

Les 37 syndicats mobilisés en Guyane ont d’ailleurs lancé un appel à la grève générale dès ce lundi 27 mars.  Quelques heures plus tôt, les maires guyanais ont décidé de se rallier au mouvement social et refusent de dialoguer avec la délégation interministérielle.

© DR

Les maires ont décidé de rallier au mouvement© DR

Priorité au dialogue  pour Ericka Bareigts

Interrogée par France Info, ce dimanche matin, la Ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a précisé que la priorité reste l’ouverture du dialogue. « D’abord je veux dire que je suis cette situation minute par minute depuis le départ […] Ce qui est utile aujourd’hui c’est d’avoir un travail technique, un dialogue dans le calme, ensemble, pour faire avancer les sujets guyanais…Je n’ai peur de rien. Il n’y a pas de prise en otage, il y a du dialogue. On pourra aller en Guyane quand les conditions seront réunies et que les choses auront bien avancé. » a-telle ajouté.

En Guyane, plusieurs collectifs ont pris la décision de lever certains barrages ce dimanche pour laisser la population se ravitailler selon Radio Peyi. Pour rappel, les écoles, l’université, le port de commerce, les administrations, et certains commerces sont fermés depuis jeudi. Les déplacements motorisés sont très difficiles, à l’exception de ceux des véhicules d’urgence.

Réponse du gouvernement aux candidats de l’élection présidentielle

Dans un communiqué publié ce dimanche après-midi, le Ministre de l’Intérieur Matthias Fekl et la Ministre de l’Outre-mer Ericka Bareigts ont répondu aux critiques de certains candidats  à l’élection présidentielle sur la gestion gouvernementale de la crise sociale en Guyane. « Nous ne saurions tolérer l’instrumentalisation d’une crise sociale, ni à des fins de trouble à l’ordre public, ni à des fins électoralistes. », ont souligné les deux ministres

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