Cinéma : Le documentaire Karukera, qui traite de la violence en Guadeloupe, projeté à Aubervilliers

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Le documentaire Karukera de Mark Alexandre Montout, sorti en juillet 2016, sera projeté ce dimanche 26 novembre à 20h30 au cinéma Le Studio à Aubervilliers. Véritable parcours historique de la Guadeloupe, le documentaire traite de l’évolution sociale et sociétale de l’archipel, à travers son « premier fléau » : la violence.

« Le film part d’images d’archives issues d’un reportage de 1976, dans lequel on peut entendre une personne dire qu’il n’y a strictement rien à faire en Guadeloupe et qu’il faut partir », explique Mark Alexandre Montout, Marka, réalisateur de Karukera. « On arrive en 2016 et on se demande quelle a été l’évolution des quarante dernières années », poursuit le réalisateur. « C’est un film qui montre à 360° ce qu’est la société guadeloupéenne d’aujourd’hui, à travers ses déviances, ses aspérités, son peuple, ses différents protagonistes, ses différents événements, son identité, son histoire, ses structures familiales qui ont évolué,… On montre les déviances sociales dont la violence, le premier fléau, ce qui met place la Guadeloupe comme le premier département meurtrier de France avec 46 homicides entre 2013 et 2014 ». Pour construire son documentaire, Marka a fait appel à de nombreuses personnalités comme Lilian Thuram ou Elie Domota, mais aussi à des personnes de la société civile et à des jeunes artistes tels qu’Admiral T, qui observent l’évolution de leur territoire.

« Qu’est-ce qui fait que nous en sommes arrivés là ? », s’interroge le réalisateur. Pour ce dernier, il ne s’agit pas seulement de faire un énième état des lieux de la violence en Guadeloupe, il s’agit également de souligner ce qui a été fait dans l’ombre et les dispositifs citoyens « en gestation » qui permettent à la Guadeloupe une « construction évolutive ». « On parle de notre histoire, de nos événements tels que les événements en 2009. Personne ne s’est intéressé de savoir ce que ces événements de 2009 ont apporté à la société guadeloupéenne. C’est pour cela que j’ai directement demandé à Elie Domota quelles ont été les répercussions, les bienfaits de 2009 ? Il trouve tout un tas de dispositifs cachés ou en création, des organismes internes qui se mettent en place pour conscientiser ou aider la population. Et on va plus loin on se demandant quels sont les dispositifs en place pour un jeune qui sort de prison ? Qu’est-ce qui lui ait proposé pour se réinsérer dans la société ? ». Le documentaire se penche d’ailleurs sur le parcours d’un jeune, sorti de prison après avoir été condamné à de lourdes peines, qui se réinsère dans la société en s’occupant d’espaces verts.

Une violence aux confins de la colonisation

Si Mark Alexandre Montout a choisi la date clé de 1976 pour analyser l’évolution de la violence dans la société guadeloupéenne, cette violence ne prend-elle pas sa source bien auparavant ? « Il y a toujours eu de la violence en Guadeloupe », confirme-t-il, « et c’est pour ça que nous expliquons la construction de ce territoire. Lilian Thuram vous dira qu’il y a déjà un problème à la base puisque nous sommes venus de force. Et avant nous, les premières rencontres entre les amérindiens et Christophe Colomb s’étaient déjà mal passées, il y a eu un génocide ». D’ailleurs, le choix du titre va dans ce sens. « Karukera, c’est le nom originel de la Guadeloupe. C’est Christophe Colomb qui a donné le nom de Guadeloupe mais à la base, l’île s’appelait Calou Kaera. Dans la langue amérindienne, ça signifie « l’île aux eaux claires » (Calou : la terre, Kaera : eaux claires, limpides). Aujourd’hui on l’appelle Karukera, la contraction créole, ou bien Gwada. Ce sont des évolutions de noms et c’est bien aussi de voir comment la Guadeloupe a évolué à travers ses différents noms ».

Mark Alexandre Montout, réalisateur de Karukera ©DR

Mark Alexandre Montout, Marka, réalisateur de Karukera ©Xavibes.com

Loin d’être un documentaire moralisateur, Karukera « est la rencontre giratoire de tous les problèmes en Guadeloupe » et un outil pour comprendre les causes de la dégradation sociale en Guadeloupe. « On ne fait pas la morale, on ne montre pas du doigt. On montre ce que l’Etat a mis en place mais aussi ce que les citoyens ont mis en place. Nous sommes tous concernés par cette histoire ».

Informations pratiques :

Projection du documentaire Karukera dans le cadre du festival Africolor qui aborde la thématique de mè 67. La projection sera suivie d’un débat.

20h30 au cinéma Le Studio à Aubervilliers : 2 Rue Edouard Poisson, 93300 Aubervilliers

Plus d’informations et réservations au 09 61 21 68 25 et/ou lestudio.billetterie@gmail.com

©DR

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