Carnaval 2016 : Mariyan-Lapo-fig, Caroline zié-loli et Vaval au rendez-vous en Martinique

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Six semaines après le lancement officiel de l’édition 2016, la saison carnavalesque va atteindre son paroxysme à partir de ce dimanche, début des jours gras. 

Ils font partie du folklore martiniquais. Du dimanche gras au Mercredi des Cendres, certains personnages à l’instar du « Roi Vaval ou encore « Papa Diab » reprennent vie pour le grand plaisir des spectateurs et des carnavaliers. À cette occasion, Outremers 360 vous propose de découvrir ou redécouvrir des personnages qu’il est impossible de rater lors du Carnaval de Martinique.

  • Sa Majesté Vaval
L'apparence 2015 du Roi Vaval

L’apparence 2015 du Roi Vaval

Fabriqué dans le plus grand secret, il constitue la figure essentielle du carnaval. Il s’agit du Roi Vaval. Il a beaucoup évolué au fil des années. D’abord, formé de paille, d’une chemise et d’un pantalon, ce « bwabwa comme on l’appelle auparavant en Martinique était hissé sur un bâton pour le faire danser au son des rythmes de la musique. Aujourd’hui, le « Roi Vaval » se pare désormais de matériaux plus variés et prend différents formes : humaine, animal, objets divers. C’est un personnage gigantesque par sa taille (de 3 à 5 mètres) qui ne se dévoile que durant les jours gras. Seule sa fonction reste identique: il met en exergue, pour rire ou critiquer, les faits les plus marquants de la vie sociale et politique de l’année. En 2015, Vaval avait pris pour thème, les algues sargasses.

  • Mariyan Lapo-Fig

marianne-lapo-fig

Si vous assistez au vidé du Dimanche Gras, vous pourrez aussi faire la rencontre de Mariyan Lapo-fig. C’est l’un des plus anciens personnages du carnaval martiniquais. Mariyan Lapo-fig serait née avant 1902 à Saint-Pierre. À l’origine, un ours s’échappe d’un cirque et sème la terreur. De cet évènement, la population en fait un personnage de carnaval, portant une tête d’ours et vêtu d’un épais habit de feuilles de bananiers sèches qui tombent jusqu’à terre en bruissant. Ce masque se fit rare au cours des années 60 mais il réapparaît dans les vidés, depuis 1995 avec le  groupe Psyché. Ce groupe à permis à Mariyan Lapo-Fig de retrouver ses lettres de noblesse sur les podiums.

  • Le diable rouge, « Papa Diab »
Personnage de Diable Rouge lors du Carnaval 2013 © Henri Salomon

Personnage de Diable Rouge lors du Carnaval 2013 © Henri Salomon

Le « Papa Diab » est une autre figure mythique du carnaval martiniquais. Il est constitué d’une tête lourde et encombrante, construite avec des peaux de bête ( cabri ou mouton) et doté d’une provision de cornes de boeuf jaillissant de toutes parts. Il porte une sorte de combinaison en toile rouge sur laquelle sont collés des centaines de petits miroirs qui scintillent à la lumière. Fourche rouge à la main, ils attaquent, piquent, effrayent et foncent sur les enfants en disant : diab-la ka mandé an ti manmay, an ti manmay san batem! (le diable demande un enfant, un enfant non baptisé!). Mais il s’agit surtout d’effrayer en s’amusant et en amusant les autres! Le « Papa Diab » est surtout visible le jour du Mardi gras.

  • Caroline zié-loli

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Caroline zié-loli est une figure hybride composé d’une homme et d’un mannequin. À chaque passage, elle suscite l’étonnement et le questionnement : à savoir qui porte ? qui est porté?  On dit que cette figure carnavalesque est née d’un fait réel à la Martinique. Selon le récit, Caroline n’est pas belle, elle louche. Femme bonne et aimante, elle n’hésite pas à venir en aide à son mari ivrogne, qui avait toujours du mal à retrouver son domicile les soirs de fête. Caroline devait aller à la recherche de son mari, elle va jusqu’à le porter à califourchon pour le ramener à la maison. Pour d’autres, Caroline Zié-loli représente le symbole de la femme antillaise, fanm poto-mitan. Comme Mariyan Lapo-Fig, le personnage de Caroline zié-loli va retrouver sa place dans les rues lors des vidés, après avoir été un temps oublié.

  • Neg gwo siro

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De moins en moins présent dans les vidés, les neg gwo siro sont des individus enduits d’un mélange de sirop de batterie et de suie, leur donnant un aspect noir luisant. Ils sont des éléments subversifs du carnaval. Ils chahutent et effrayent les passants. Vêtus de simples pagnes, ils  sont craints du public et des carnavaliers qui craignent les salissures  laissées par le sirop sur leurs habits. Ils se sont investis d’une mission mettre de l’ordre au sein des vidés et ramener la discipline dans les rues. Le nèg gwo siwo malgré son apparence répugnante participe à redonner une dignité aux esclaves dissidents. Leur couleur fait en effet référence aux nègres marrons.

  • Les Hommes d’argiles, ou Neg d’Argile
© Julien Nessi

© Julien Nessi

À la différence du neg gwo siro, les neg d’argile sont pacifiques. Leur première apparition remonte dans les rues de la commune de Trois-Ilets, berceau de la poterie artisanale. Habillés aussi de pagnes, ils portent un collier de terre cuite. Certains portent en main des ustensiles de la vie courante comme une carafe, un canari. Ils se déplacent en proposant des scènes de vie au cours desquelles ils se figent comme  des statues.

Le carnaval de Martinique nourrit sa particularité dans le fait que chacun peut y participer. Nul besoin de faire partie d’un groupe carnavalesque pour défiler. C’est le cas du Lundi gras en Martinique où c’est le thème du mariage burlesque qui prédomine. Les hommes sont habillés en femmes et réciproquement. En général, on s’arrange pour constituer un cortège de mariés et tous les rôles sont inversés.

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