Bonification des retraites : Les gendarmes réunionnais dénoncent des inégalités de traitement

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©Antenne Réunion

Ce lundi 12 mars, un collectif d’une trentaine de gendarmes réunionnais, épaulé par l’avocat Me Alain Antoine, défie la Direction générale de la Gendarmerie nationale et réclame un traitement égal avec leurs collègues venus de l’Hexagone, qui bénéficient d’une bonification des annuités retraite.

Ils sont réunionnais et effectuent leur service sur leur territoire d’origine, avec les mêmes missions et le même volume horaire, sans pour autant bénéficier des mêmes avantages que leurs collègues hexagonaux en service à La Réunion. « Nous travaillons dans les mêmes conditions que nos collègues et aux mêmes horaires. Pourtant, un gendarme non originaire peut faire 7 ans en métropole, puis il vient 11 ans à La Réunion avec les CIMM. Il aura donc fait 18 années de service et il prendra sa retraite beaucoup plus tôt que nous », déplore le porte-parole, anonyme, du collectif. Depuis 2015, un gendarme venant de l’Hexagone et effectuant le même nombre d’années de service à La Réunion qu’un gendarme originaire de l’île, verra ses annuités retraite doublés, ce qui ne sera pas le cas du gendarme réunionnais.

En d’autres termes, « 5 années de service à La Réunion seront comptées 10 annuités à un gendarme originaire de métropole mais (…) le gendarme originaire de La Réunion effectuant strictement le même état de service ne disposera pas de la bonification », explique le site Zinfos974. Cette « discrimination » concerne également la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Pourtant, le Code des pensions civiles et militaires, en son article R 14C, précise que les « originaires » qui accomplissent un « passage » dans leur territoire d’origine peuvent bénéficier de cet avantage. Ce qui est confirmé par un décret du 3 novembre 2011 que rappelle d’ailleurs une circulaire de la Direction générale de la Gendarmerie en 2012, indique encore Zinfos974. Néanmoins, la Gendarmerie nationale ferait une lecture différente de ce décret. « Ce qui nous choque aujourd’hui, c’est que le décret n’est pas respecté et est même interprété par notre hiérarchie », souligne le porte-parole.

Le collectif entend en premier lieu sensibiliser l’opinion publique à travers une action médiatique. Si toutefois leur hiérarchie ne réagit pas, l’avocat Me Alain Antoine prévoit déjà de saisir le Défenseur des Droits, qui devrait recevoir une lettre dans le courant de la semaine prochaine. « J’ai récemment rencontré des gendarmes qui m’ont fait part de ces difficultés. J’ai d’ailleurs eu un échange téléphonique avec l’un des dirigeants de ce collectif. En effet, il s’agit d’un sujet important », a déclaré la députée Ericka Bareigts dans un communiqué. « Je vais continuer à suivre ce dossier et à être à leurs côtés pour qu’une solution juste et respectueuse des uns et des autres soit trouvée, dans le cadre des règles de droit », assure-t-elle.

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