Pères Aborigènes : Une aide psychologique 2.0

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Les pères aborigènes sont devenus une des préoccupations de l’Australie. Grâce à l’opération « Staying on cap » (Garder le cap), ces derniers bénéficient d’un soutien psychologique via le web et l’internet mobile.

Patrick Strong est aborigène, père de trois enfants. Il confie à la chaîne de télévision ABC Australie, relayé par nos confrères de Nouvelle Calédonie 1ère, « pendant la première grossesse de ma femme, les doutes commençaient à m’assaillir. Je me demandais comment j’allais prendre en charge cet enfant, l’éduquer ». Le futur père quitte alors le domicile familiale pendant un mois et demi. Aujourd’hui entouré de ses trois enfants, il explique, « j’ai grandi entouré d’hommes qui n’arrivaient pas à faire face à leurs problèmes (…), qui fuyaient dans l’alcool, les drogues ». Cette situation, d’autres pères aborigènes la vivent au quotidien. Afin d’éloigner les doutes de ces derniers, un programme de soutient psychologique a été lancé. Baptisé « Staying on cap », cette cellule de soutient psychologique se base sur un site internet et un centre d’appel pour ces pères en détresse. L’opération remet également un smartphone à chaque père souhaitant être soutenu. Le but étant de rester en contact direct et quotidiennement avec eux, que ce soit par sms ou en contact direct avec un psychologue.

Patrick Strong et son dernier né, Alec ©ABC

Patrick Strong et son dernier né, Alec ©ABC

Les aborigènes ont longtemps souffert du déracinement et de la perte de repères identitaires. Au début du XXème siècle, de nombreux enfants aborigènes furent enlevés à leurs mères et placés dans des « camps d’éducation » visant à en faire « de bons petits australiens ». Une politique qui fut aux conséquences considérables sur l’identité aborigène. Appelées « générations volées », ces générations d’enfants aborigènes témoignent d’une perte considérable des repères familiaux aborigènes. En 1998, la journée du grand pardon, « National Sorry Day », est instituée pour aider au processus de cicatrisation. Néanmoins, la situation des pères aborigènes témoigne des conséquences encore réelles de la perte d’identité culturelle des aborigènes. Sorti en 2002, le film « Les chemins de la Liberté » réalisé par Phillip Noyce décrit parfaitement le drame des « générations volées » à travers le portrait touchant de femmes aborigènes enlevées à leurs mères.

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