Une expérimentation pour mieux accueillir et intégrer l’étudiant ultramarin

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Chaque année, beaucoup de lycéens ultramarins s’envoleront vers l’Hexagone pour la poursuite de leur études. Un départ où 12 000 nouveaux étudiants sont confrontés à de nombreuses difficultés: coût de la mobilité, problème de logement, changements culturels. C’est dans ce cadre que s’est tenu hier à Nancy, le premier comité de pilotage de l’expérimentation « Accueil et insertion des étudiants ultramarins en mobilité vers l’Hexagone »

Comment mieux insérer l’étudiant ultramarin dans le nouvel environnement universitaire et lutter contre son isolement ? Quelles pistes pour l’accompagner contre le décrochage universitaire?  Telles sont les problématiques que se sont posées les représentants de l’AFEV (Assoication de Fondation étudiante pour la ville), les différentes associations étudiantes ultramarines ( Ajeg, Jeunesse Outre-mer), les représentants des universités de Lorraine et les membres de la délégation interministérielle à l’égalité des chances. L’objectif : éviter un nouvel drame comme celui d’Abdallah El Anfani, du nom de cet étudiant mahorais  de 22 ans retrouvé sans vie dans sa chambre de cité universitaire, à Villeneuve-d’Ascq, fin octobre. Si aujourd’hui les difficultés d’installation des étudiants ultramarins en Hexagone ont été listées, il existe encore une incertitude sur le nombre réel d’étudiants ultramarins inscrits à l’université, notamment en province. « Il faut d’abord qu’on ait une étude sur le nombre exact d’étudiants présents dans les universités françaises  pour pouvoir mieux évaluer leurs besoins et les prendre en charge correctement », souligne Edwing  Laupen, président de l’Association des jeunes de Guadeloupe. Pour Guy Baret, président de la Fédération des Familles Ultramarines de Lorraine, les ultramarins méritent une attention particulière. « Les Outre-mer sont une exception culturelle et nécessitent un accompagnement adapté aux différentes cultures »,  a-t-il déclaré.

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De gauche à droite : Paino Vanai, représentant de la délégation de Wallis et Futuna à Paris, Edwing Laupen, Président de l’association des jeunes de Guadeloupe (Ajeg)

Deux universités -pilotes choisies

Pour cette expérimentation, deux sites ont été identifiés: l’université de Strasbourg et de l’université de Lorraine dans lesquels un nombre substantiels d’étudiants ultramarins ont été recensé. Ils sont environ 500 à l’Université de Strasbourg et 700 à l’université de Lorraine. Comme pistes d’action, l’AFEV a soumis comme idée entre autres la création d’un parcours d’engagement graduel et adapté pour des primo-arrivants (par le biais d’une participation à une action de bénévolat par exemple),  l’expérimentation d’un parrainage des étudiants ultramarins qui bénéficieront d’un accueil privilégié, de conseils de la part d’étudiants qui connaissent le territoire. Pour Paino Vanai, délégué de Wallis et Futuna, il faut trouver également un accompagnement spécifique et des structures d’accueil permettant d’étudier dans de bonnes conditions . « Je reçois beaucoup de témoignages de jeunes, hébergés par un parent qui me parlent de leurs difficultés à étudier le soir. On ne se sert pas dans le frigo de la même manière qu’on soit dans une chambre étudiante ou accueilli chez la famille ».  La délégation de Wallis-et-Futuna à Paris a d’ailleurs présenté un guide de l’étudiant pour aider ces jeunes dans leurs démarches d’arrivée dans l’Hexagone. Selon le vice-président du conseil de la vie universitaire de la vie universitaire , Michel Robert, la multiplication des associations estudiantines ultramarines au sein des universités peut être un facteur de cohésion sociale. Pour le conseiller technique à la jeunesse de la délégation interministérielle pour l’égalité des chances, Faridy Attoumane, cette réunion marque un premier pas dans la démarche d’agir pour les jeunes étudiants ultramarins. « Aujourd’hui, une meilleure intégration des étudiants ultramarins dans l’hexagone fait partie de nos missions prioritaires au sein de la délégation interministérielle. Je suis satisfait de la réaction du vice-président Michel Robert qui a indiqué apporter plus d’attention particulière. » Mais le conseiller technique rappelle toutefois que cet effort de mieux accueillir l’étudiant ultramarin doit être porté par tous. »Actuellement, notre grand souhait est de voir aussi les responsables des territoires qui sont soucieux de la réussite de leur jeunesse, apporter leur contribution à cette expérimentation. Sur le long terme, il s’agit pour d’un bon retour sur investissement notamment avec le retour des jeunes diplômés dans leurs territoires », a-t-il poursuivi. Face à ce fort enjeu de l’accueil et de l’intégration d’étudiants ultramarins,  tous les participants de ce comité de pilotage se sont mis d’accord sur une prochaine réunion pour faire avancer ce dossier avant la rentrée universitaire prochaine. Il s’agira de mettre en place un questionnaire commun et diffusé à tous les étudiants pour faire remonter leurs expériences d’accueil et d’intégration à l’université.

Au centre: Lorine Bozin-Marc, présidente de l'Association Jeunesse Outre-mer aux cotés de Faridy Attoumane, conseiller technique jeunesse et économie sociale et solidaire à la Délégation interministérielle pour l'égalité des Chances des Français d'Outre-mer

Au centre: Lorine Bozin-Marc, présidente de l’Association Jeunesse Outre-mer aux cotés de Faridy Attoumane, conseiller technique jeunesse et économie sociale et solidaire à la Délégation interministérielle pour l’égalité des Chances des Français d’Outre-mer

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Au premier plan, Guy Baret président de la Fédération des Familles Ultramarines de Lorraine et une membre de son association, Emilie Minatchy, ambassadrice pour  la Réunion

 

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