Un projet « Montagne d’or » bis obtient un vote favorable en Guyane

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Illustration ©WWF

La commission départementale des mines de Guyane a donné un avis largement favorable aux prémices d’un nouveau projet de mine d’or de taille industrielle, « Espérance », co- porté en Guyane par la compagnie minière américaine Newmont, a indiqué mercredi l’un des membres de la commission.

« On a beau dire que le dossier minier ne répond pas à la réglementation minière et au code de l’environnement qui sont des préalables au renouvellement de la concession, la commission a voté en faveur du dossier Espérance », a indiqué l’association Guyane nature environnement à l’issue de la commission départementale. La commission a voté en faveur du renouvellement « pour 10 ans » de la concession minière et de son extension.

Au total, le projet a rassemblé 12 voix « pour », dont le président de la collectivité territoriale de Guyane et les services de l’État, 5 voix « contre » (dont Guyane nature environnement, des représentants amérindiens et le WWF), et deux absents. Déjà présent au Suriname sur la mine Merian, Newmont envisage l’ouverture d’une mine d’or à ciel ouvert en 2025 dans la commune d’Apatou, similaire au grand projet minier à l’arrêt « Montagne d’or » portée par Nordgold-Columbus Gold.

Bruno Le Maire favorable

Cette mine envisagée en pleine forêt, près d’un village du Maroni, nécessiterait une usine à cyanuration et l’extraction de « 20 millions de m3 de roches » pour creuser une fosse de 300 mètres de profondeur, sur 1,5 km de longueur pour un premier gisement de « 65 tonnes » d’or, selon les documents de l’opérateur.

« Les perspectives d’exploitation sont encore incertaines », note la Direction générale des territoires et de la mer de Guyane dans un rapport consulté par l’AFP, précisant que « le ministre en charge des mines », Bruno Le Maire, s’est prononcé en faveur du partenariat Newmont-CME (Compagnie minière Espérance). Les demandes cumulées en titres miniers de ce partenariat, en cours d’instruction, représentent l’équivalent de 2,5 fois la superficie de Marseille.

C’est le conseil d’État qui tranchera sur ce dossier par décret dans les prochains mois. En cas de feu vert, les miniers seront ensuite « dans l’obligation » de demander une « autorisation administrative » avant toute exploitation, a indiqué mercredi par communiqué la préfecture de Guyane. « L’avis de l’autorité environnementale » et une « enquête publique » seront alors nécessaires, de même source.

Pendant 30 ans, CME a exploité de l’or sur le site « Espérance » sans autorisation d’ouverture de travaux miniers (AOTM) nécessaires pour un encadrement technique par l’État. « Des demandes avaient été déposées » auprès de l’administration ainsi qu’un « dossier de mise en conformité » mais rien n’a abouti, se défend Carol Ostorero, directrice générale de CME et présidente de la fédération des opérateurs miniers de Guyane.

« La déforestation massive altère gravement la biodiversité, accélère les changements climatiques » et favorise « l’émergence d’espèces vectrices d’épidémies », a dénoncé dans un communiqué le collectif Or de question, rassemblant 21 ONG opposées à l’extraction minière. « Le virus Covid19 qui paralyse aujourd’hui l’ensemble de notre société, nous donne à réfléchir sur l’empreinte environnementale de nos activités. Un changement de paradigme s’avère indispensable à notre survie sur Terre », insiste le collectif, qui s’était largement mobilisé contre le projet « Montagne d’Or ».

Avec AFP.

Mise à jour le 29 juillet 2020

« REPONSE DE LA COMPAGNIE MINIERE ESPERANCE (CME) A L’ARTICLE INTITULE « un projet « Montagne d’or » bis obtient un vote favorable en Guyane »

Cet article appelle les observations suivantes de la part de la Compagnie Minière Espérance (CME) :

 

  • la photographie illustrant l’article ne correspond pas à la mine Espérance ;

 

  • entre 1991 et 2012, la CME a mené des travaux de recherche et d’exploitation sur la mine Espérance dans le cadre d’un permis d’exploitation intégrant les travaux miniers (PEX) octroyé avant le décret du 6 mars 2001, ce dont il résulte que la CME n’avait pas à solliciter d’autorisation d’ouverture de travaux miniers (AOTM) ;

 

  • dans le cadre de sa demande d’octroi d’une concession sur cette mine, la CME a, en 2009 et 2010, formé des demandes d’autorisation de travaux miniers (AOTM) et d’exploiter des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui n’ont pas été instruites ;

 

  • pour cette raison notamment, la CME a cessé l’essentiel de ses travaux d’exploitation sur la mine Espérance depuis 2010 et elle conduit depuis lors des travaux d’exploration des gisements miniers situés sur certaines zones de la concession et du permis exclusif de recherche (PER). Conformément à la réglementation applicable, ces recherches ont fait l’objet de déclarations d’ouverture de travaux miniers (DOTM) pour lesquelles des certificats de non-opposition ont été délivrés ;

 

  • depuis 2008, la CME conduit sur les autres zones du site anciennement exploitées différents travaux de gestion des eaux, de réhabilitation et de revégétalisation conformément à des protocoles de remise en état élaborés en collaboration avec des bureaux d’études spécialisés. Ont notamment été accomplis des travaux de fertilisation des sols par l’utilisation d’espèces arborées fixatrices d’azote, de lutte contre l’érosion à l’aide de graminées et de stabilisation des terrains grâce aux techniques de génie végétal ;

 

  • la demande de renouvellement et d’extension de la concession Espérance est conforme à la réglementation minière et de l’environnement ;

 

  • dans le cadre de ses travaux de recherche, la CME a mis en évidence la présence potentielle d’un gisement minier de classe mondiale, ce qui a conduit à un partenariat avec l’entreprise Newmont ;

 

  • ce projet de mine primaire dit « Espérance » pourra avoir de formidables retombées économiques et sociales pour la Guyane. En effet, il devrait permettre de faire émerger une industrie minière exemplaire, de créer de nombreux emplois et de participer au développement d’infrastructures respectueuses de l’environnement ;

 

  • le périmètre d’exploitation du projet « Espérance » sera bien inférieur à celui de la surface de Marseille et les habitations des communes d’Apatou et de Grand Santi sont très éloignées de la concession, de sorte que les travaux qui y seront menés ne créeront pas de nuisance pour les habitants.

 

  • la phase d’exploitation du projet « Espérance » est encore au stade d’étude et ne débutera en tout état de cause pas avant plusieurs années. Elle fera l’objet, le moment venu, de demandes d’autorisation de travaux miniers incluant notamment la réalisation d’une étude d’impact sur l’environnement et une enquête publique. La CME veillera à mettre en œuvre une exploitation ayant l’impact le plus faible possible sur l’environnement et la biodiversité. »

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