Territoriales 2018 en Polynésie : A quelques encablures du 1er tour…

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Gaston Flosse, Oscar Temaru et Edouard Fritch, principaux leaders des trois grands partis candidats à ces élections territoriales ©Grégory Boissy (AFP) / Outremers360 / Radio 1 Tahiti

Le 1er tour des élections territoriales en Polynésie française aura lieu ce dimanche 22 avril. Derniers meeting et réunions publiques, derniers tours de quartiers et derniers débats télévisés : sur place, les formations politiques candidates peaufinent leur dernier jour de campagne. Seule la campagne sur les réseaux sociaux, Facebook notamment, aura du mal à s’arrêter à partir de ce samedi minuit…

Depuis les dernières élections territoriales de 2013, la Polynésie a fait du chemin et son échiquier politique a changé. En mai 2013, l’ancien Président de la Collectivité Gaston Flosse, et son parti le Tahoera’a Huira’atira, revenait en force aux commandes du Pays. Son numéro 2, Edouard Fritch, prenait la Présidence de l’Assemblée territoriale après avoir retrouvé son mandat de député en 2012. Les indépendantistes, au pouvoir de 2011 à 2013, essuyaient un revers électoral conséquent. Le parti qui avait mis fin à 20 ans de Présidence Flosse en 2004, se retrouvait, en 2013, à six élus à l’Assemblée.

En 2018, Gaston Flosse et Edouard Fritch sont devenus des adversaires acharnés. Le premier, s’il ne peut pas être candidat en raison de son inéligibilité, fait tout de même campagne pour son parti. Le second, depuis sa fracture avec son ancien mentor, a fondé son parti et espère un succès pour ses premières élections territoriales, gonflé par ses victoires locales à la Présidentielle et aux Législatives.  De son côté, Oscar Temaru a misé sur une liste jeune, renouvelée et sans condamnation pour corruption pour, au moins, devenir le premier opposant du parti au pouvoir. Face à ces trois machines électorales bien huilées, trois autres « petites » formations tentent d’exister : celle de Tauhiti Nena, ancien ministre d’Oscar Temaru se proclamant « en marche », celle de Marcel Tuihani, ancien proche de Gaston Flosse et actuel Président de l’Assemblée, et celle de l’antenne polynésienne de l’UPR.

Emploi des jeunes, mesures sociales, grands projets, tourisme, essais nucléaires, exemplarité des élus ou encore, développement économiques ; les thèmes développés par les partis en 2018 sont nombreux et correspondent aux principales attentes de la population polynésienne. Arrivé au pouvoir en 2014, Edouard Fritch et son parti mise avant tout sur son bilan. Après 10 années de crise marquées par l’instabilité politique, l’actuel Président de la Collectivité a l’embellie économique de son côté : reprise du tourisme, secteur clé de l’économie polynésienne, dette de la Collectivité abaissée, emploi en légère hausse,… Misant sur la continuité, Edouard Fritch met en avant ses grands projets, notamment le projet hôtelier « Village tahitien », dont les premiers lots ont été attribués il y a quelques jours.

Edouard Fritch pâtit néanmoins d’une liste comportant plusieurs élus-candidats condamnés ou en procédure judiciaire ; une épine dans le pied à l’heure où l’électorat polynésien semble exiger l’exemplarité. De même, ses adversaires l’attaquent sur un possible projet d’île flottante ou plus récemment, sur la réforme des retraites suspendue en raison de la contestation. L’actuel Président polynésien reste toutefois le favori de ces élections. Edouard Fritch, après sa rupture avec Gaston Flosse, a occupé un espace électoral qui n’avait plus de leader charismatique depuis le début des années 2000 : un centre, autonomiste, qui ne souhaite pas choisir entre l’artisan du statut d’autonomie de 1984 et le maire indépendantiste de la commune de Faa’a.

©ISPF

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Election à suffrage indirect, les 205 625 électeurs polynésiens sont invités à renouveler leur Assemblée territoriale composée de 57 représentants, les 22 avril et 6 mai pour le 2nd tour. Chaque formation politique présente une liste de candidats, répartis à travers les huit sections de la circonscription unique de Polynésie. Le parti sorti majoritairement des urnes dispose alors de la majorité des sièges de l’Assemblée pour élire, sauf surprise, sa tête de liste à la Présidence de la Polynésie française. Reste à savoir si une éventuelle surprise peut s’immiscer dans un scrutin qui semble être joué d’avance…

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