Semaine de la Mobilité : A La Réunion, il faut « favoriser l’interconnexion entre les différents modes de déplacement »

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A l’occasion de la semaine européenne de la Mobilité et des Assises de la Mobilité, qui ont été ouvertes ce mardi 19 septembre par le Premier ministre Edouard Philippe, Outremers360 s’intéresse à la Mobilité durable à La Réunion. Pour l’occasion, Mickael Grondin, Chargé d’étude Intermodalités & Mobilités durables, et Aurélie Rigal, Responsable du Pôle Urbanisme de l’AGORAH (Agence d’urbanisme à La Réunion) nous expliquent les défis de la mobilité durable, sur une île où la voiture représente « 66% de l’ensemble des flux ».

« La mobilité durable c’est dès aujourd’hui penser à comment on peut se déplacer autrement et comment favoriser l’interconnexion entre les différents modes de déplacement (voiture, transports en commun, marche à pied,…) et cet ensemble forme ce qu’on appelle l’intermodalité : comment se rendre d’un point A à un point B en utilisant plusieurs modes de transport successifs et en ne favorisant pas que la voiture individuelle », introduit Mickael Grondin, Chargé d’étude Intermodalités et Mobilités durables à l’AGORAH. A La Réunion, la voiture individuelle représente 65% de l’ensemble des 2,5 millions de déplacements quotidiens, soit près de 1,7 million, selon l’étude « Enquête Déplacements Grand Territoire » pilotée en 2016 par le Syndicat mixte des Transports de La Réunion (SMTR) et en partenariat avec l’Etat, la Région, le Département et les EPCI.

Pour Mickael Grondin, la mobilité durable doit "permettre un nouvel essor des mobilités alternatives comme les transports en commun, le co-voiturage ou encore des modes actifs (la marche ou le vélo)" ©Outremers360

Pour Mickael Grondin, la mobilité durable doit « permettre un nouvel essor des mobilités alternatives comme les transports en commun, le co-voiturage ou encore des modes actifs (la marche ou le vélo) » ©Outremers360

De façon surprenante, « près d’un quart des déplacements des Réunionnais, 25% des 2,5 millions de déplacements quotidiens, sont effectués à pied, soit plus de 630 000 déplacements quotidiens », précise Mickael Grondin. C’est le second mode de déplacement utilisé par les Réunionnais. Les transports en commun représentent 7% de l’ensemble des déplacements tandis que le vélo est à environ 2%, essentiellement utilisé pour les loisirs (52%).

Des itinéraires dédiés aux transports en commun

Pour Mickael Grondin, il faut « une structuration des transports collectifs où il y a un besoin de maillage efficace entre l’ensemble des réseaux de transport en commun, pour que même celui qui vit dans le sud, puisse se rendre dans le nord, sans rencontrer de difficultés majeures dans les correspondances et les temps d’attentes ». « L’idée est de dire qu’on peut se déplacer autrement mais qu’il faut axer la priorité sur la restructuration des réseaux, la mise en place de pôles d’échanges multimodaux, comme des hubs, des plateformes d’interconnexions, et d’inciter les Réunionnais à faire évoluer leurs habitudes de déplacement ».

« On a un transport en commun à La Réunion qui est financièrement incitatif et un nombre d’arrêts très important (plus de 8000 points d’arrêts) traduisant ainsi une bonne desserte du territoire », précise Aurélie Rigal, Responsable du Pôle Urbanisme de l’AGORAH, « par contre, il peut parfois manquer d’efficacité ». Et pour cause, pour aller d’un point A à un point B, les usagers réunionnais font plusieurs correspondances, ou changent de modes de transports, entraînant par conséquent « un temps d’attente plus ou moins important ». Ajouter à cela, le fait que « les transports en commun sont en grande majorité tributaire du réseau routier et donc confrontés à la congestion routière : En cas d’embouteillages, le bus est soumis aux mêmes contraintes que la voiture ». « Ce qui est en train de se développer ce sont les itinéraires privilégiés et dédiés aux transports en commun. Ça permettra une plus grande régularité sur les transports en commun et une plus grande vitesse commerciale de ces transports qui ne seront plus soumis à la congestion routière », poursuit Aurélie Rigal.

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Pour répondre à cette problématique, la Région développe donc le Transport collectif en site propre (TCSP), dans le cadre de son programme Trans Eco Express(TEE), en d’autres termes, des itinéraires dédiés aux transports en commun qui leur permettra de ne plus être soumis aux congestions routières. « Pour le moment, de nombreux projets émergent à l’échelle du territoire, en centres urbains comme en centre-ville de Saint-Denis ou encore à Saint-Pierre. D’autres aménagements sont également en cours à la fois dans l’Est avec l’aménagement d’une voie dédiée et d’une voie vélo à Sainte-Suzanne, ou encore la réaffectation de la voie lente du Bernica, dans l’Ouest, en faveur des transports collectifs », explique Aurélie Rigal. « Aujourd’hui, l’enjeu c’est également la mise en connexion de tous ces tronçons privilégiés qui permettra, à l’échelle régionale, l’essor d’un itinéraire privilégié pour les transports en commun », ajoute Mickael Grondin.

Comme autre exemple de développement de l’intermodalité, Aurélie Rigal cite « le projet de RRTG (Réseau régionale de Transport Guidé) mené par la Région » et qui sera « le réseau armature, sur lequel tous les réseaux urbains et interurbains viendront se connecter ».

Des déplacements majoritairement intra-EPCI

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la ville de Saint-Denis ne concentre pas la majorité majorité des déplacements des Réunionnais. « 90% des déplacements effectués quotidiennement sont des déplacements intra-EPCI, au sein même du territoire de l’intercommunalité », confirme Mickael Grondin. La CINOR (Saint-Denis, Sainte-Suzanne, Sainte-Marie) et le TCO (Le Port, la Possession, Saint-Paul, Saint-Leu, Trois Bassins) « concentrent environ 50% des déplacements quotidiens », souligne le Chargés d’étude. Cela est notamment dû à une plus grande
concentration des activités, de l’emploi et des équipements.

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Favoriser et sécuriser l’usage du vélo

La Région Réunion travaille aussi sur le développement des usages liés au vélo notamment au travers du Plan Régional Vélo (PRV). C’est un document qui fixe les orientations stratégiques pour favoriser l’essor et la sécurisation des pratiques. La collectivité régionale a ainsi mis en œuvre sa Voie Vélo Régionale (VVR), concernant les aménagements cyclables autour de l’île. « Aujourd’hui nous sommes à 159 km de voies vélo dont près de 105 km de VVR. C’est vraiment une voie qui, par les aménagements d’accotements ou de bandes cyclables, sécurise la pratique. A l’intérieur des centres urbains, la Région Réunion préconise de créer des boucles de déplacement identifiées et aménagées spécifiquement pour répondre aux besoins de déplacement ».

Avec ses partenaires, la Région Réunion, le SMTR, les EPCI réunionnaises et l’Etat, l’AGORAH, forte de ses productions de données nécessaires à la mise en place d’une mobilité durable, s’attache donc à « permettre un nouvel essor des mobilités alternatives comme les transports en commun, le co-voiturage ou encore des modes actifs (la marche ou le vélo) ».

Bande cyclable sur la côte ouest réunionnaise ©Outremers360

Bande cyclable sur la côte ouest réunionnaise ©Outremers360

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