Sécurité en Guyane: Les parlementaires demandent des mesures exceptionnelles au gouvernement suite au meurtre de Patrice Clet

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© Thibault Lechat-Vega Twitter

Dans la nuit de mardi à mercredi, l’ancien conseiller général de Sinnamary Patrice Clet a été tué à son domicile. Depuis l’annonce du décès, les hommages  se succèdent mais trois élus guyanais réclament de nouvelles mesures sur la sécurité de la part du gouvernement

Le drame s’est déroulé aux alentours de 21h20 ( heure locale). Patrice Clet, membre du parti guyanais Walwalri a été victime d’un cambriolage à son domicile. L’un des agresseurs présumés l’a touché mortellement d’un tir par balle à la tête. Un acte qui intervient trois jours après que trois policiers de la brigade anti-criminalité aient été visés par des coups de  feu à Cayenne. La classe politique guyanaise a durant toute cette journée  adressé  ses hommages à la famille de l’élu disparu. L’ancienne ministre Christiane Taubira fait part de sa tristesse : « que dire lorsqu’il n’existe aucun mot qui sache dire ? » a-t-elle écrit, saluant un « camarade », et évoquant « nos espoirs partagés, nos combats livrés, nos déceptions surmontées » suite au décès d’un des cadres du parti Walwari qu’elle a co-fondé avec son ex-mari.La député Chantal Berthelot a fait part dans un communiqué de son « émotion » et de sa « tristesse » après « le meurtre effroyable de Patrice Clet », qui a « voué sa vie à défendre les intérêts de sa commune et de son pays ». Le sénateur Antoine Karam a souligné dans un communiqué que « la Guyane perd un grand homme ».

« Un problème qui date depuis longtemps »

Mais après les hommages et condoléances, vient le temps de la colère et de l’exaspération  face à la montée de la violence et des faits de délinquance dans ce département français d’Amérique. « Nous exigeons que des mesures immédiates soient apportées par le gouvernement… Le rétablissement de la sécurité en Guyane est une priorité. L’Etat doit déployer les moyens nécessaires pour protéger les Guyanais et éviter que de tels drames se reproduisent », a déclaré le sénateur Antoine Karam.

De nouvelles mesures auprès du gouvernement, c’est ce que sont allés demander les parlementaires Chantal Berthelot, Gabriel Servielle et Georges Patient. Au lendemain du drame, ils sont rencontrés le Garde des Sceaux et Minstre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et la Ministre des Outre-mer Ericka Bareigts.

A la sortie de cette dernière rencontre, le député Gabriel Serville est revenu sur le contenu de ces différentes  réunions de travail pour Outremers 360. « C’est un problème qui date depuis longtemps et qu’on soulève régulièrement lors de nos différentes rencontres avec les différents ministres. Le  Ministre de l’Intérieur a passé en revue l’ensemble des mesures qu’il avait annoncé lors de son déplacement en Guyane en octobre dernier: création d’une antenne de l’OCRTIS, affectation de nouvelles forces de police et de gendarmerie, déploiement de nouveaux moyens matériels .Il y a un petit point d’achoppement sur les hommes, il faut les trouver, les former, le Ministre de l’Intérieur ne peut nous dire si ces renforts seront affectés tout de suite parce que cela prendra le temps nécessaire. Cependant sur les moyens budgétaires, il annonce que les efforts seront consentis tout de suite ». En effet, dans un communiqué publié ce soir , le Ministère de l’Intérieur a confirmé que des moyens matériels seraient adressés dans les meilleurs délais aux forces de sécurité en Guyane dans le cadre du « plan sécurité publique » et en tout état de cause, avant la fin de l’année. De plus, un escadron de gendarmerie mobile viendra dans les prochains jours renforcer de manière ponctuelle le dispositif de sécurité.

 Légitime défense et la tenue d’un comité inter-ministériel

Auprès de Jean-Jacques Urvoas, le député Gabriel Serville a défendu un adaptation de la loi et de la procédure pénal au contexte local en matière de légitime défense. « Cette question dérange lorsque j’en parle mais il faut aussi montrer un signe fort à la population. Ce n’est pas un appel à tuer ou faire justice soi-même mais il faut le voir comme un appel à faire entendre aux bandits et grands délinquants que la justice va aussi mieux protéger les victimes ». Gabriel Serville cite le cas de personnes qui ont été condamnées par la justice parce qu’elle a jugé « que leur réponse de légitime défense a été disproportionnée par rapport à l’attaque subie ». Ensuite  Gabriel Serville a attiré l’attention entre autres d’Ericka Bareigts sur la mise  en place d’un comité inter-ministériel qui abordera la question de la sécurité en Guyane.   Reste a déterminer le calendrier pour organiser ce comité. Mais pour le député, il est essentiel de « rassurer la  population sur ce sujet ». Il lance également un appel au calme suite au divers messages de représailles diffusés sur les réseaux sociaux . Au niveau local, plusieurs réunions seront organisées dans les prochains jours autour du Préfet avec les différents acteurs et élus locaux.

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