Révision constitutionnelle aux Comores: Large victoire du « oui »

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À 92,74 %, la révision constitutionnelle soumise au référendum aux Comores est adoptée. Le président voit ses pouvoirs renforcés et pourra notamment se présenter à deux mandats consécutifs. L’opposition dénonce une fraude.

Le « oui » l’a emporté aux Comores à 92,74 %. Les 300 000 votants du petit archipel d’Afrique de l’Est se sont exprimés lundi 30 juillet en faveur de la révision constitutionnelle soumise au vote par le président Azali Assoumani, selon la Commission électorale indépendante.

Un scrutin « truqué » pour l’opposition

Si les autorités se réjouissent du taux de participation, qui s’élève à 63 %, l’opposition n’a de son côté pas attendu ces résultats officiels pour crier au « trucage ». « Quels résultats ! Un scrutin truqué, des chiffres préfabriqués, voilà la consultation populaire du président Azali », a déclaré le secrétaire général du parti Juwa, Ahmed el-Barwane. L’opposition, jugeant le scrutin illégal avait boycotté le scrutin et dénonce les « dérives autoritaires » du président comorien.

Les observateurs de la Force en attente de la région Afrique de l’Est (EASF) ont de leur côté émis leur doute quant à la crédibilité du scrutin. « Dans la plupart des bureaux visités, il y avait moins de 20 électeurs qui attendaient. Mais quand on repassait une heure plus tard, on constatait soudain un afflux de bulletins dans l’urne », a expliqué Jules Hoareau de la mission de l’EASF.

Il a aussi dénoncé que « dans tous les bureaux visités » par l’EASF, « les représentants des partis n’ont pas été autorisés à signer les procès-verbaux », ce qui met « en doute la crédibilité du processus électoral ».

Les pouvoirs du président renforcés

Cette réforme modifie la Constitution de 2001 en renforçant les pouvoirs du président, qui pourra désormais effectuer deux mandats consécutifs de cinq ans, au lieu d’un jusqu’à présent. Le président Azali Assoumani, ancien putschiste élu en 2016, pourra se présenter à nouveau lors de l’élection anticipée de 2019. Et il pourrait alors rester au pouvoir jusqu’en 2029.

© CENI

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