Référendum en Nouvelle-Calédonie : Des intellectuels calédoniens dénoncent la « pensée simplificatrice » sur l’archipel

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Un panneau de propagande électorale en Nouvelle-Calédonie, lors du référendum de 2018 ©Outremers360 / Charles Baudry (Archives)

Une tribune d’intellectuels néo-calédoniens « kanak et européens » dénonce mercredi, en vue du référendum d’indépendance du 4 octobre, « l’imposture intellectuelle réduisant l’analyse de la situation calédonienne à l’existence d’un système colonial institutionnalisé ».

« Dire cela n’est pas s’opposer à la perspective d’une indépendance, c’est simplement affirmer que la réflexion doit être guidée par une éthique de vérité », écrit Emmanuel Tjibaou, le directeur de l’Agence de développement de la culture kanak (ADCK)-Centre culturel Tjibaou et ses cosignataires dans cette tribune publiée par Le Monde. Emmanuel Tjibaou est le fils de Jean-Marie Tjibaou, figure de proue de la lutte kanak, assassiné en 1989.

« Il faut avoir le courage de la nuance, et refuser les stéréotypes réconfortants, pour embrasser cette réalité calédonienne tellement complexe », poursuivent les signataires, dont la journaliste et autrice Jenny Briffa, le maître de conférences en archéologie de l’Océanie à l’université de la Nouvelle-Calédonie Louis Lagarde, et le conservateur à l’Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique, Jean-Marie Wadrawane.

Les signataires expriment leur « exaspération face à une pensée simplificatrice venue de métropole », fustigeant le journaliste Edwy Plenel, qui selon eux, dans une postface d’un ouvrage de journalistes de Mediapart, « continue comme tant d’autres, d’observer notre archipel avec une grille de lecture datant des années 1980 ». « Au moment où nous cherchons une solution inédite de vivre-ensemble, les analyses simplificatrices nous indignent parce qu’elles nous déresponsabilisent », écrivent-ils.

« Nourrir un discours de victimisation des Calédoniens d’origine kanak, qui, en 2020, seraient les délaissés de l’État colonial est une contre-vérité absolue » et « entretient l’idée que tout mérite réparation, que tout est un dû », dénoncent-ils. Les auteurs poursuivent : « Notre identité qui se créolise efface-t-elle les douleurs du passé (spoliations foncières, insurrections kanak réprimées dans le sang, atrocités du bagne…) ? Non, bien entendu. Gomme-t-elle les effets structurels de la colonisation ? Non, car malgré les progrès des trente dernières années, l’accès des Kanak aux diplômes et aux postes à responsabilité est toujours en deçà de celui des autres Calédoniens ».

Mais, affirment-ils, « les compétences pour réformer cette situation sont aux mains des élus calédoniens loyalistes et indépendantistes, depuis l’accord de Nouméa (1988). (…) La France d’aujourd’hui n’y est pour rien. Notre incurie est calédonienne. Notre solution sera aussi calédonienne, que l’on reste dans l’espace national ou que l’on quitte la France ». « Nous ne sommes pas là pour panser les maux de la mauvaise conscience française, mais bien pour sortir d’une pensée idéologisée (…). Nous, Calédoniens (…) n’avons de leçon à recevoir de personne », concluent-ils.

Avec AFP.

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