Réchauffement climatique: L’équivalent « Fonds Vert » réintroduit dans le budget des Outre-mer

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L’équivalent « Fonds vert », un programme de financement de projets destiné aux Collectivités du Pacifique pour lutter contre les effets du réchauffement climatique, que le gouvernement ne souhaitait pas reconduire en 2018, a été réintroduit dans le budget Outre-mer 2018. De manière générale et malgré un budget à la hausse, les députés ont émis beaucoup de réserves lors du vote de ce budget, ce jeudi 9 novembre. 

Un amendement de la députée de Polynésie Maina Sage (Les Constructifs) pour conserver ce fonds vert à destination des collectivités du Pacifique, à hauteur de plus de 22 millions d’euros et destiné à lutter contre les effets du réchauffement climatique, a été adopté « de justesse » par 46 voix contre 40, malgré l’avis défavorable du gouvernement. « Les députés LREM, pour certains, ont été convaincus du combat », confie la députée Ericka Bareigts. La ministre des Outre-mer Annick Girardin avait annoncé en commission que l’équivalent « Fonds vert » (prêts à taux zéro pour les projets d’atténuation ou d’adaptation aux changements climatiques), promesse de François Hollande quand il s’était rendu en Polynésie en 2016, ne serait pas reconduit.

L’idée est « d’abonder le fonds vert de manière plus importante sur l’ensemble des territoires Outre-mer », en s’appuyant pour cela sur le sommet Climat du 12 décembre à Paris qui « doit nous servir pour obtenir ce fonds vert », a-t-elle expliqué jeudi, assurant que « tous les projets engagés en 2018 seront financées ». Cet équivalent « Fonds vert » avait été créé car les Collectivités du Pacifique ne sont pas éligibles au fonds vert pour le climat ou à d’autres mécanismes existants dans les départements et régions d’Outre-mer, comme l’assurance Cat Nat (catastrophe naturelle), a défendu Maina Sage, estimant que la disparition de ce dispositif, en pleine COP 23, était « un mauvais signal » et « un non-sens ».

En Polynésie française, le Fonds vert, mis en place au second semestre, a permis de financer en 2017 environ 12,5 millions d’euros d’investissement différents projets (école bioclimatique, lampadaires photovoltaïques, etc.), a-t-elle rappelé, et 20 millions d’euros de projets sont d’ores et déjà identifiés pour 2018. « Cet équivalent Fonds vert a impulsé une dynamique » dans le Pacifique, a souligné Ericka Bareigts (La Réunion, Nouvelle Gauche). « Ne lâchons pas ce qui marche », a demandé Yves Jego (Les Constructifs). « A titre personnel, je trouve que la suppression du Fonds vert est une mauvaise chose. Pour ma part, j’émet un avis de sagesse » a commenté Olivier Serva (Guadeloupe – LREM).

Un budget en hausse de 4,4% mais qui inquiète

Le budget Outre-mer pour 2018 est en hausse de 4,4% à structure constante par rapport à 2017, à 2,02 milliards d’euros, a indiqué Annick Girardin. « Sur les lignes essentielles, il n’y a pas eu d’augmentation », précise toutefois Ericka Bareigts, « il y a des hausses qui sont plutôt sur l’organisation du référendum en Nouvelle-Calédonie » ou sur « les Assises des Outre-mer ». Les groupes Nouvelle Gauche, GDR, France Insoumise et LR ont notamment voté contre ce budget. Plusieurs députés ont déploré que le fonds d’urgence Outre-mer ne soit abondé que de 10 millions d’euros, alors que les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy viennent d’être dévastées par le cyclone Irma. « Le fonds d’urgence sera abondé autant qu’il le faudra », a assuré la ministre, avec « une taxation de tous les ministères » pour l’alimenter.

Les députés se sont aussi inquiétés de la diminution des crédits pour le logement et d’une baisse du budget de l’agence de l’Outre-mer pour la mobilité (Ladom), alors que les missions de cet organisme qui finance notamment les billets d’avions pour les jeunes étudiants, augmentent. Jean-Hugues Rathenon (La Réunion, LFI), a dénoncé « un budget de repli », qui « ne jette pas les bases d’un avenir meilleur » pour les ultramarins, Jean-Philippe Nilor (Martinique, GDR) un budget « sans audace et sans ambition » et David Lorion (La Réunion, LR) un budget « en trompe l’oeil ».

L’ancienne ministre des Outre-mer et actuelle députée de La Réunion, Ericka Bareigts, s’est aussi inquiétée pour le Plan séisme Antilles ou la Cité des Outre-mer. « Nous éprouvons la désagréable impression d’un manque de vision et d’ambition pour les Outre-Mer », a-t-elle déploré. Naïma Moutchou (LREM) a salué au contraire un budget « sincère ». « C’est la première fois que je me sens vraiment bien dans cette assemblée », a déclaré le député François Ruffin (LFI) en saluant ses collègues ultramarins. « Sans doute il y a des désaccords entre vous mais vous songez à l’intérêt de vos territoires et vous parvenez à passer par-dessus ces désaccords », a-t-il noté, espérant « un effet de contagion sur l’ensemble des élus métropolitains ».

Avec AFP.

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