Provinciales en Nouvelle-Calédonie : « La pleine souveraineté, seule porte de sortie », dit Paul Néaoutyine, ténor du FLNKS

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Paul Néaoutyine reçu à l’Elysée en juin 2018 ©Ludovic Marin / AFP

La « pleine souveraineté » est la « seule porte de sortie » de l’accord de Nouméa, dont les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie entendent discuter après les élections provinciales de dimanche, a déclaré mardi Paul Néaoutyine, ténor historique du FLNKS.     

« Il faut se rendre à l’évidence que l’accord de Nouméa ne prévoit qu’une seule porte de sortie : la pleine souveraineté et qu’il serait dommageable au pays de ne pas saisir ensemble cette opportunité », a déclaré Paul Néaoutyine, président de la province Nord et du parti indépendantiste Palika (un des partis de la coalition FLNKS), candidat à sa succession. « A terme, il n’est pas envisageable ni souhaitable de jouer les prolongations d’un énième statut au sein de la République française », a-t-il également indiqué.

Les électeurs calédoniens sont appelés dimanche à renouveler les trois assemblées provinciales pour l’ultime mandat de l’accord de Nouméa (1998), qui organise la décolonisation progressive de l’archipel et dans lequel l’État « reconnait la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier d’une complète émancipation ». Le 4 novembre dernier, un premier référendum sur l’indépendance a été remporté par les partisans de la France (56,7%) tandis qu’un deuxième et un troisième scrutin peuvent avoir lieu en 2020 et 2022.

« J’entends dire que le rapport des forces politiques n’est pas susceptible de se modifier à l’horizon de 2020 ou 2022 (…) Nous pensons, à l’inverse, qu’il peut se modifier par l’adhésion croissante de nombreux citoyens calédoniens de toutes origines à notre projet », a déclaré cet ancien compagnon de route de Jean-Marie Tjibaou, la figure de proue de la lutte kanak, assassiné en 1989. Après les élections provinciales, l’État devrait réamorcer le dialogue avec les indépendantistes du FLNKS et la droite loyaliste pour envisager un nouveau statut politique.

« Nous avons épuisé les voies d’un dialogue stérile. De deux choses l’une, ou nos adversaires politiques s’assoient à la table des discussions pour traiter de la question de l’indépendance en partenariat (avec la France, ndlr) ou nous nous adresserons directement à l’État », a asséné le dirigeant, signataire des accords de Matignon (1988) et de l’accord de Nouméa. Il a, à cet égard, rappelé qu’en 2013, un rapport commandé par l’État sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie évoquait parmi quatre hypothèses, celle de « la pleine souveraineté avec partenariat ».

Actuellement, les indépendantistes président les provinces du Nord et des îles Loyauté et la droite loyaliste, celle du Sud, la plus peuplée, où se trouve Nouméa. A l’échelle territoriale, les indépendantistes sont minoritaires avec 25 sièges sur 54. Moins divisés que la droite, ils espèrent l’emporter dimanche et aller vers les 2ème et 3ème référendums prévus par l’accord de Nouméa.

Avec AFP.

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