Projet Montagne d’Or en Guyane: la CNCDH recommande un moratoire

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Vue aérienne de la Montagne d’Or ©Cie Minière Montagne d’Or

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) recommande la mise en place d’un moratoire sur le projet Montagne d’or, projet industriel controversé d’extraction d’or dans l’ouest de la Guyane, ainsi que le lancement d’une « étude d’impacts ».

Dans un avis rendu public mardi sur « le droit à un environnement sain dans les Outre-mer » et portant sur l’extraction d’or en Guyane et l’extraction de nickel en Nouvelle-Calédonie, la CNCDH s’exprime sur ce gigantesque projet en attente du feu vert de l’Etat.  Elle considère notamment que « si un des arguments avancés par les opposants doit particulièrement attirer l’attention, c’est bien celui de la question de la gestion des déchets cyanurés.

En effet, durant l’exploitation de la Montagne d’or, ce sont des millions de mètres cubes qui devraient être charriés et traités au cyanure pour extraire l’or, puis ensuite stockés. En cas de rupture des digues contenant les boues cyanurées, la Guyane fera alors face à un désastre écologique d’une envergure sans précédent ».

Plus largement, elle recommande à l’Etat « de tout mettre en œuvre pour que la forêt amazonienne soit préservée et de limiter ainsi au maximum l’extraction de l’or en son sein » et suggère « d’engager une réforme du code minier allant encore plus loin que celle initialement envisagée, afin d’y inscrire l’obligation formelle de consulter les populations préalablement à la délivrance de tout permis d’exploration ou d’exploitation ».

Elle préconise aussi « de doter l’opération Harpie », qui lutte contre l’orpaillage illégal, « des moyens humains et financiers à la hauteur du phénomène », et insiste sur la nécessaire coopération de l’Etat français, et plus particulièrement de la collectivité territoriale de Guyane, avec les Etats frontaliers (Brésil et Surinam).

Elle demande également de sensibiliser les populations locales à réduire « de manière notable leur consommation de poissons carnivores présentant des niveaux élevés de contamination » au mercure, -présent naturellement dans le sol guyanais mais aussi fortement utilisé dans l’orpaillage-, et réclame une étude d’impact des exploitations aurifères sur la faune et la flore.

Concernant l’exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie, principale richesse du territoire, la CNCDH recommande que « soit engagée, dès que possible », une vaste étude épidémiologique auprès des employés miniers « afin de mesurer l’influence de l’inhalation du nickel », et de l’élargir « aux populations vivant à proximité des sites d’extraction ». Elle préconise enfin qu’une sensibilisation soit faite aux populations autochtones sur les impacts et conséquences de ces activités minières.

Avec AFP

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