Présidentielle 2017 dans les Outre-mer : l’indispensable concordance des temps

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Ainsi la France en a-t-elle décidé: son Président s’appelle Emmanuel Macron.

Du rocher du Diamant aux falaises de Lindéralique, des plages du Touquet aux rivages de Taiohae et de Miquelon à Wallis où il a atteint des sommets, les jeux sont faits. Et cette fois, la France du continent et celle des Iles sont raccord: ils se sont mis en marche ensemble et dans des proportions identiques. Mais sans doute pas pour les mêmes raisons.

Ici, Macron est le nom d’une nouvelle génération mandatée pour casser les codes de la 5ème République, prolonger ses logiques soixantenaires en construisant une majorité parlementaire à son image et renouveler la gouvernance du pays, fort  de son âge, de sa perspective européenne et de la légitimité qu’il lui reste à acquérir s’il veut partager cette dynamique avec les 70% de français pour qui il n’était pas le premier choix.

De l’autre côté des mers où il frise aujourd’hui les 70% des suffrages exprimés, Macron est le nom d’un deuxième tsunami. Marine Le Pen était le premier, l’autre dimanche, bousculant tous les pronostics et les repères de l’Histoire. Comme surpris de tant de hardiesse, les Outre-mers se sont ravisés au deuxième tour pour recoller au peloton hexagonal. Mais plus mollement en Calédonie où les appels à voter pour Marine Le Pen sonnaient comme un avant-propos vigoureux du référendum de 2018 et en Polynésie où le bulletin Le Pen devait avoir la vertu d’un blanc-seing pour les partisans du vieux Lion.

Le nouveau chef de l’Etat a promis d’organiser des états généraux de l’Outre-mer, de renforcer la mobilité, de limiter à 12 le nombre d’élèves par classe de maternelle, un plan de relance, le statu quo en même temps que sa bénédiction du processus calédonien et plus de liberté dans l’organisation administrative des COM. A l’échelle d’un quinquennat, c’est sans doute le minimum que de respecter ses engagements. Mais, à l’orée de son quinquennat, le nouveau maître des horloges devra investir plus intimement ces terres qu’il ne connaît pas et où toutes les pendules ne disent pas la même heure. La concordance des temps est désormais une priorité du Président Macron.

Benoît Saudeau

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