Nouvelle-Calédonie: 300 millions d’aides pour faciliter l’insertion professionnelle des personnes handicapées

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© Gouvernement de Nouvelle-Calédonie

Christopher Gyges, membre du gouvernement, présentait jeudi 7 juin les nouvelles mesures pour améliorer l’accueil en entreprise et favoriser l’embauche et l’insertion des personnes en situation d’handicap. Largement insuffisante selon le Schéma directeur du handicap et de la dépendance, l’insertion professionnelle des personnes handicapées devient une priorité. Un article de notre partenaire de la Dépêche de Nouvelle-Calédonie avec l’Agence Presse Pacifique.

« Aujourd’hui, les textes en vigueur et toutes les mesures mises en place ne permettent pas une réelle insertion professionnelle des personnes en situation de handicap », lance d’emblée Jacqueline Bernut, présidente de l’APEI (association des parents d’enfants inadaptés). Au côté de Christopher Gyges, membre du gouvernement en charge notamment du handicap, associations, collectifs et organisations patronales sont unanimes : « Il était temps de faire de l’emploi, rôle central de l’insertion sociale et de l’épanouissement de l’individu, une priorité ».

C’est donc ensemble qu’ils ont travaillé depuis décembre 2017 pour lancer une nouvelle dynamique et un plan d’actions concertées pour répondre au mieux aux attentes des personnes en situation de handicap, mais aussi aux entreprises, « de véritables partenaires », a tenu à souligner Christopher Gyges. « Ça fait très longtemps que nous attendons cela, explique Valérie Zaoui du Medef NC. Jusqu’à maintenant, les entreprises étaient systématiquement sanctionnées financièrement quand elles n’arrivaient pas à employer des travailleurs handicapés alors qu’elles auraient dû être accompagnées parce que les textes en vigueur sont tout simplement inapplicables. Ce qui était devenu une taxe supplémentaire pour les entreprises va devenir un véritable outil d’intégration sociale pour toutes ces personnes ». L’ensemble de ces amendes qui alimentent un fonds dédié étaient mal ou pas utilisées. Ce que confirme la CPME qui attendait que tous les partenaires « se mettent enfin autour de la table ».

Ce fonds, aujourd’hui de 600 millions, servait auparavant à équilibrer le régime handicap et dépendance, « mais ce n’est pas son rôle », martèlent les protagonistes. Il servira désormais à financer de nouvelles aides directes pour les entreprises et les travailleurs handicapés. « Nous avons décidé tous ensemble de mettre le paquet sur deux axes, annonce Christopher Gyges. Le premier, c’est d’améliorer les conditions de travail en adaptant les machines, en améliorant les accès, en finançant des équipements spécifiques ou encore en compensant des délais d’aménagement. Le deuxième, c’est favoriser l’embauche par des aides directes aux entreprises, des mesures urgentes à court terme qui seront complétées par des dispositifs et un travail sur le long terme ».

En clair, le membre du gouvernement et les partenaires ont décidé d’utiliser « à bon escient » l’argent des amendes payées par les entreprises. Il servira à financer une partie de la prise en charge des charges sociales patronales (pour une embauche d’au minimum trois mois), des formations pour les handicapés et les employeurs, des aides à la création d’entreprises ou le financement d’équipement de travailleurs indépendants et des projets favorisant l’insertion de ce public. Au total, ce sont 300 millions par an qui seront débloqués. « Nous travaillons aussi sur le moyen et le long terme avec la création d’ici la fin de l’année d’un guichet unique emploi, pour qu’employeurs et travailleurs handicapés puissent enfin s’identifier, se rencontrer, et qui fait aujourd’hui défaut », précise Christopher Gyges qui travaille dans le même temps à la modernisation et l’adaptation des textes réglementaires pour la fin de l’année.

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