Nickel : Le géant russe Norilsk égratigne la SLN

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Lors de sa conférence de présentation stratégique, le géant minier russe Norilsk a exhorté ses concurrents à réduire leurs productions et implicitement critiqué l’aide apporté par le gouvernement français à la Société Le Nickel (SLN).

Sergei Dubovitskyi, Vice-président de Norilsk, a fait part de ses « inquiétudes » face aux journalistes présents à la conférence de présentation stratégique du leader mondial du Nickel. Face à des stocks de nickel beaucoup trop importants comparés à une demande faible, Norilsk appel ses concurrents à réduire leurs productions et va même jusqu’à reprocher à certains « de ne pas respecter la seule loi du marché ». En ligne de mire, la Société Le Nickel, en Nouvelle-Calédonie. Touchée par la crise mondiale du minerai, amorcée début 2015, le gouvernement français multiplie les plans d’aide à la société calédonienne, hautement stratégique pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie qui doit se prononcer avant la fin 2018 sur son avenir institutionnel. Pour le géant minier russe, certains producteurs ont retardé l’adoption de mesures nécessaires, « car ils reçoivent le soutien de leur gouvernement pour éviter des fermetures ou des pertes d’emplois », tandis que d’autres « continuent d’accroître leur production pour bénéficier de coûts unitaires plus faibles grâce à des économies d’échelles ». De son côté, Sergei Dubovitskyi a tout de même indiqué que Norilsk ne baissera pas sa production, l’ayant déjà réduite. Pour lui, « l’industrie doit s’habituer à vivre avec une nouvelle réalité, celle des prix bas, le monde des mineurs et des producteurs de nickel ne sera plus jamais le même, il n’y aura plus de nouvelle flambée des cours ».

Vladimir Poutine, visitant la ville de Norilsk, où la compagnie éponyme extrait du nickel depuis les années 30 ©AFP

Vladimir Poutine, visitant la ville de Norilsk, où la compagnie éponyme extrait du nickel depuis les années 30 ©AFP

 

Fondé en 1930 sous Staline, le géant minier russe, qui domine les trois quarts de la production mondiale de nickel et de palladium, est aussi une entreprise intimement liée au gouvernement russe. Historiquement, Norilsk est resté dans le giron de l’Etat russe entre la date de sa création et le  milieu des années 90. Si aujourd’hui le capital du producteur est partagé entre la société Millhouse (5,87%), Rusal (27,8%) et le holding Interros (30,3%), la forme juridique de l’entreprise est publique. On peut donc bien imaginer que derrière l’analyse économique de Norilsk se dissimule le message politique d’un Etat qui, malgré son ouverture au libéralisme économique, reste omniprésent dans la gestion de ses grandes firmes mondiales.

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